Le comité ad hoc du Parlement sud-africain achève la rédaction de son rapport sur la dissolution controversée de l'Équipe spéciale sur les assassinats politiques (PKTT), une décision prise par le ministre de la Police Senzo Mchunu, actuellement en congé spécial. L'instance doit déposer ses conclusions devant l'Assemblée nationale au plus tard le 11 septembre, dans un contexte d'allégations graves d'ingérence politique, de corruption et d'infiltration criminelle au sein des services de police.
Un ministre en congé spécial au cœur de l'enquête
La question centrale qui divise les membres du comité porte sur l'origine de l'ordre de démantèlement de la PKTT : le ministre Mchunu a-t-il agi de sa propre initiative ou sous une influence extérieure ? Cette interrogation est d'autant plus sensible que le ministre est placé en congé spécial depuis le déclenchement de la procédure. Le comité examine si cette décision relève d'une prérogative administrative légitime ou si elle constitue une entrave aux enquêtes sur les violences politiques qui ensanglantent certaines provinces du pays.
Des preuves documentaires au-delà des témoignages
Le président du comité, Soviet Lekganyane, a précisé que l'analyse ne repose pas uniquement sur les dépositions des témoins clés, notamment celles de Mashale, de Haas et Mogotsi. Les membres ont également étudié les rapports de dépenses de l'unité dissoute ainsi que divers documents transmis au ministre avant sa décision. Cette approche élargie vise à établir si des éléments objectifs justifiaient la dissolution ou si celle-ci répondait à d'autres motifs.
Des allégations d'ingérence et de corruption au sein de la police
Le mandat du comité dépasse le sort de la PKTT. Il englobe des accusations systémiques portées contre le Service de police sud-africain (SAPS) : ingérence politique dans les opérations, corruption interne et infiltration par des réseaux criminels. Ces allégations, initialement formulées par le lieutenant-général Nhlanhla Mkhwanazi, placent l'institution policière sous le feu des projecteurs à l'approche d'échéances électorales majeures.
Une échéance parlementaire fixée au 11 septembre
Le comité s'est réuni le 24 août pour examiner son projet de rapport final. La date butoir du 11 septembre s'impose comme un marqueur politique fort : le rapport devra être suffisamment solide pour résister aux débats parlementaires et aux éventuelles contestations judiciaires. Ses conclusions détermineront les suites données à cette crise de confiance au sommet de l'appareil sécuritaire sud-africain.