Une ville en ébullition Ce mardi 30 juin 2026, Durban devient l’épicentre d’une colère qui gronde depuis des semaines. Des milliers de manifestants, armés de slogans et de colère, envahissent les rues. Leur cible ? Les sans-papiers. Leur cri ? « Fuera ! » Le ton monte, les tensions explosent. Depuis le début du mois, des groupes de citoyens, souvent organisés en ligne, attisent les braises. Résultat : 25 000 personnes fuient déjà. Pourquoi ? Parce qu’ils deviennent les boucs émissaires parfaits.
Le travail, l’argument ultime « Ils nous volent nos emplois. » La phrase revient en boucle. Les chômeurs locaux, déjà fragilisés par une économie en berne, désignent du doigt les migrants. Les marchés informels, les chantiers, les hôtels… Partout, les sans-papiers sont accusés de travailler pour des salaires de misère. « Comment survivre quand on gagne 50 rand par jour ? » se lamente un Sud-Africain. La réalité ? Les migrants occupent souvent des métiers que les locaux refusent – nettoyage, agriculture, entretien. Mais dans l’imaginaire collectif, ils deviennent les responsables de tous les maux.
Une spirale de violence Les violences se multiplient. Des commerces tenus par des étrangers sont pillés. Des logements vandalisés. Les forces de l’ordre, débordées, peinent à rétablir l’ordre. « La police regarde ailleurs », dénoncent les associations. Pendant ce temps, les réseaux sociaux amplifient la haine. Des vidéos circulent, montées de manière à montrer des migrants comme des prédateurs. « Qui protège les vulnérables ? » se demande-t-on.
Les migrants, des victimes oubliées Derrière les slogans se cachent des histoires brisées. Des Congolais, des Nigerians, des Malawites… Beaucoup sont arrivés en quête d’une vie meilleure. Mais aujourd’hui, ils fuient. Certains meurent en tentant de traverser les frontières. « On nous traite comme des criminels », raconte Amina, une Rwandais qui a perdu son travail. Les gouvernements africains appellent à la raison. « L’Afrique ne peut pas se permettre une guerre contre ses propres enfants », avertit un diplomate.
Et maintenant ? Le président Cyril Ramaphosa condamne les violences, mais son gouvernement reste impuissant face à la marée xénophobe. Les promesses de régularisation des papiers traînent. Les promesses d’emplois pour les Sud-Africains aussi. « Quand arrêtera-t-on de jouer avec le feu ? » La question brûle. Durban n’est qu’un avant-goût. Si rien ne change, d’autres villes pourraient suivre.
Un choix qui nous concerne tous L’Afrique du Sud se déchire. Mais cette crise n’est pas qu’un problème local. Elle révèle les failles d’un continent où les élites profitent des inégalités pendant que les peuples se déchirent. « La solidarité ou la barbarie : lequel choisissons-nous ? » Le débat est ouvert. Et le temps presse.