Avec 9 milliards de dollars déjà investis dans 34 pays, Africa50 ambitionne de tripler ses actifs sous gestion pour atteindre 5 milliards de dollars d’ici 2030. Alain Ebobissé, son directeur général, détaille cette feuille de route lors du dixième anniversaire de la plateforme à Dar es Salam, où se sont réunis les principaux acteurs de la finance africaine.
Une décennie d’investissements ciblés dans les infrastructures
Depuis sa création, Africa50 a injecté 9 milliards de dollars dans 36 projets d’infrastructures répartis dans 34 pays africains. Ces investissements couvrent des secteurs clés comme les transports, l’énergie et les télécommunications, avec un objectif clair : combler le déficit de financement des infrastructures sur le continent. Selon Ebobissé, cette approche a permis de démontrer la viabilité économique de nombreux projets, tout en attirant des partenaires internationaux.
Mobiliser les capitaux africains avant de chercher ailleurs
Le DG d’Africa50 insiste sur la nécessité pour l’Afrique de mobiliser en priorité ses propres ressources financières avant de se tourner vers des capitaux extérieurs. « L’Afrique doit d’abord compter sur ses propres capitaux », déclare-t-il, soulignant que cette stratégie réduit la dépendance aux bailleurs de fonds traditionnels et renforce la souveraineté économique du continent. Cette vision s’inscrit dans une logique de résilience face aux chocs externes, comme les crises économiques ou les fluctuations des devises.
Dar es Salam, symbole d’une ambition panafricaine
Le dixième anniversaire d’Africa50, célébré les 5 et 6 août à Dar es Salam, a réuni des figures majeures de la finance et du développement africain, dont le président de la Banque africaine de développement (BAD) et le secrétaire général de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf). Cet événement a mis en lumière l’importance de la coopération régionale pour accélérer les projets d’infrastructures, notamment dans le cadre de la Zlecaf, qui vise à créer un marché unique de 1,3 milliard de consommateurs.
Un horizon 2030 sous haute tension
Atteindre 5 milliards de dollars d’actifs sous gestion d’ici 2030 représente un défi de taille pour Africa50. Le fonds devra non seulement lever des capitaux supplémentaires, mais aussi structurer des partenariats innovants avec les États et le secteur privé. Les retours d’expérience des dix premières années serviront de levier pour convaincre les investisseurs de la rentabilité et de l’impact social de ces projets. Une réussite qui pourrait redéfinir le paysage des infrastructures africaines pour les décennies à venir.