L'enquête sur les violences commises entre 2021 et 2024 contre Pape Abdoulaye Touré franchit une nouvelle étape avec l'arrestation d'Ibrahima Ndiaye, un agent de sécurité du Centre des Œuvres Universitaires de Dakar (COUD). Ce cinquième suspect, appréhendé par la Section de recherches de Dakar, est visé par des accusations graves de crimes contre l'humanité, incluant des actes de torture et des traitements inhumains.
Une présence nocturne au cœur des investigations
L'interpellation d'Ibrahima Ndiaye replace le domicile de l'ancien ministre de la Jeunesse, Pape Malick Ndour, au centre des préoccupations judiciaires. Le suspect a reconnu avoir été présent aux abords de la résidence dans la nuit du 2 au 3 juin 2023. Selon ses déclarations, il agissait en tant qu'agent de sécurité privé, sollicité pour renforcer le dispositif de protection de l'ex-ministre durant une période de forte tension politique, une activité qu'il justifie par la nécessité de compléter ses revenus en dehors de ses heures de service au COUD.
Les zones d'ombre du 3 juin 2023
Devant les enquêteurs, le mis en cause a livré sa version des faits concernant la nuit de l'interpellation de Pape Abdoulaye Touré. Il affirme que son groupe, composé d'autres agents du COUD, aurait identifié la victime alors qu'elle passait devant la résidence. Si le suspect admet que certains de ses collègues ont suivi l'homme, il conteste formellement toute participation physique aux actes de violence, affirmant être resté en retrait. Il soutient également que cette mission de surveillance n'avait fait l'objet d'aucun détachement officiel de la part de sa hiérarchie.
Vers une extension des responsabilités
L'audition d'Ibrahima Ndiaye apporte des éléments nouveaux sur la chaîne de commandement et les acteurs impliqués. Le suspect a notamment mentionné avoir informé Amadou Tidiane Cissé, chef de la sécurité du COUD, des événements survenus cette nuit-là. Ces révélations, couplées à l'implication d'autres agents comme Djibril Guèye et Ousmane Ndiaye, permettent aux enquêteurs de mieux cartographier le dispositif sécuritaire en place. Alors qu'il doit être présenté au juge d'instruction ce mercredi, Ibrahima Ndiaye bénéficie de la présomption d'innocence tout en faisant face à des charges lourdes qui pourraient élargir le périmètre des investigations judiciaires.