Affaire Martinez Zogo : le colonel Jean-Pierre Otoulou poursuit son audition devant le tribunal militaire de Yaoundé

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 103 lectures
Affaire Martinez Zogo : le colonel Jean-Pierre Otoulou poursuit son audition devant le tribunal militaire de Yaoundé

Le procès relatif à l'assassinat du journaliste Martinez Zogo reprend ce lundi 31 août 2026 devant le Tribunal militaire de Yaoundé. Cette nouvelle phase d'audience se concentre sur la poursuite de l'interrogatoire du colonel Jean-Pierre Otoulou, figure centrale de l'enquête préliminaire.

Un blocage procédural lié à la hiérarchie militaire

Le déroulement des débats se heurte à une contrainte technique inédite. Le commissaire divisionnaire Mesmin Eloundou, qui a co-dirigé les investigations aux côtés du colonel Otoulou, a été récemment élevé au grade de Général de brigade. Cette promotion modifie les conditions de sa comparution : en vertu du droit militaire, il ne peut plus être auditionné par un magistrat d'un rang inférieur au sien. Cette situation fragilise la continuité des témoignages croisés initialement prévus par la cour.

Les accusations portées par le colonel Otoulou

Lors de ses précédentes interventions, le colonel Jean-Pierre Otoulou, ancien commandant de la légion de gendarmerie du Centre, a maintenu des déclarations lourdes de conséquences. Il a réitéré ses accusations concernant une entente présumée entre le lieutenant-colonel Justin Danwé, considéré comme le cerveau opérationnel, et l'homme d'affaires Jean-Pierre Amougou Belinga. Selon le colonel, ce dernier aurait ordonné de faire taire le journaliste. Il a également mis en cause Maxime Eko Eko, l'ancien directeur de la DGRE, le désignant comme un commanditaire informé des faits.

La stratégie de défense des accusés

Face à ces témoignages, les conseils des accusés multiplient les contestations, axant leur stratégie sur la remise en cause de la régularité de l'enquête. Ils dénoncent des vices de procédure substantiels, pointant notamment des arrestations nocturnes, des perquisitions effectuées sans mandat légal au domicile de Jean-Pierre Amougou Belinga, ainsi qu'un usage disproportionné de la force lors des opérations. Le tribunal prévoit de poursuivre ces échanges contradictoires dès le mardi 1er septembre 2026, alors que la validité des méthodes d'enquête demeure au cœur des débats juridiques.

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