Le directeur de publication de Kalara annonce un dossier à venir sur le Commissaire du gouvernement du Tribunal militaire de Yaoundé, mis en cause dans la conduite du procès pénal lié à l'affaire Martinez Zogo. Sa prise de parole intervient dans un contexte de tensions récurrentes entre observateurs et acteurs du dossier.
Une mise au point sur le cadre juridique du procès
Dans sa sortie, Christophe Bobiokono revient sur plusieurs points de droit soulevés par son contradicteur. Il rappelle que l'ancien ministre Atangana Mebara a été poursuivi notamment pour tentative de détournement de fonds liés à l'achat d'un avion présidentiel, tandis que Marafa Hamidou Yaya et Yves Michel Fotso l'ont été pour détournement de la même somme. Il impute les complications procédurales au juge d'instruction Pascal Magnanguemabe.
Des griefs ciblés contre le parquet militaire
Le journaliste conteste plusieurs affirmations de Njoya Moussa sur le fonctionnement d'une affaire criminelle. Il souligne qu'en phase de jugement, l'instance est saisie par une ordonnance de renvoi désignant des personnes et des qualifications précises : aucun élargissement à de nouveaux prévenus n'est possible à ce stade, seule une jonction de procédures distinctes pouvant être envisagée. Il affirme en outre qu'« jamais à la phase de jugement un témoin s'est retrouvé sur le banc des accusés », une situation qu'il juge incompatible avec les fonctions d'un enseignant de faculté de droit.
Un prochain dossier de Kalara sur le Commissaire du gouvernement
Au-delà de la passe d'armes, Christophe Bobiokono annonce qu'un « article documenté » sera publié dans la prochaine édition de Kalara. Il y interrogera les conditions du remplacement du Commissaire du gouvernement du Tribunal militaire de Yaoundé, qu'il accuse d'avoir « oublié sa mission principale » dans un procès pénal dont il est, selon lui, « le responsable numéro 1 de l'accusation ». Il s'agit d'un signal fort adressé au parquet militaire, dont le rôle dans la chaîne pénale sera scruté.
Une rivalité publique entre deux figures des médias camerounais
L'échange illustre une fracture plus large au sein de l'espace médiatique et universitaire camerounais autour du traitement de l'affaire Martinez Zogo. Bobiokono reproche à son contradicteur une proximité jugée embarrassante avec un accusé « fortuné » et un comportement qualifié d'« instabilité mentale », tout en se prévalant du soutien de confrères lors des 30 ans de Mutations. La suite dépendra notamment de la publication annoncée par Kalara, qui pourrait raviver les critiques sur la conduite du parquet militaire et la crédibilité des acteurs impliqués dans le procès.