La Haute Cour fédérale de Lagos a ordonné à l'Agence nationale de lutte contre la drogue (NDLEA) de présenter physiquement Kazeem Michael Afolabi, un homme d'affaires et influenceur connu sous le nom de « KC Luxury », lors de la prochaine audience fixée au 9 septembre. Cette décision intervient alors que le suspect conteste la légalité de sa détention prolongée dans le cadre d'une vaste enquête sur un trafic international de stupéfiants.
Un bras de fer judiciaire sur la détention
Arrêté le 13 août à l'aéroport international Murtala Muhammed alors qu'il s'apprêtait à s'envoler pour Paris, Kazeem Michael Afolabi est au cœur d'une enquête sur une saisie record de 184,5 kilogrammes de cocaïne, estimée à 39 milliards de nairas. Si la NDLEA a obtenu en août une prolongation de 30 jours pour maintenir le suspect en garde à vue afin de poursuivre ses investigations, la défense de M. Afolabi a déposé un recours pour violation des droits fondamentaux. Le juge Friday Ogazi a sommé l'agence de répondre à ces allégations sous cinq jours, marquant une étape clé dans le contrôle judiciaire de cette procédure.
Les accusations de la NDLEA et la défense du suspect
La NDLEA, dirigée par Buba Marwa, présente M. Afolabi comme le cerveau présumé d'un réseau utilisant des sociétés de logistique pour acheminer de la cocaïne d'Amérique du Sud vers l'Europe et l'Asie. En réponse, le suspect, par l'intermédiaire de son conseil, dénonce une détention arbitraire sans inculpation formelle. Il conteste également la saisie de ses biens personnels — incluant des montres de luxe, des véhicules et des devises — affirmant qu'ils ne sont pas liés à des activités criminelles, et invoque un état de santé fragile nécessitant des soins médicaux inaccessibles en détention.
Enjeux de procédure et protection de la vie privée
Au-delà de la question de la liberté, le dossier soulève des enjeux de respect des procédures pénales. M. Afolabi accuse les agents de la NDLEA d'avoir perquisitionné son domicile de Banana Island sans mandat et d'avoir diffusé des images de lui en détention, portant atteinte à sa présomption d'innocence. Il réclame des dommages et intérêts substantiels pour ces faits, ainsi que pour l'invasion de sa vie privée liée à l'accès forcé aux données de son téléphone. La cour devra désormais arbitrer entre les impératifs de l'enquête antidrogue et le respect des garanties constitutionnelles du suspect.