La psychiatre Aïcha Dahdouh, épouse de l'écrivain Kamel Daoud, a formellement démenti les accusations de violation du secret médical portées à son encontre. Cette affaire, qui s'inscrit dans le sillage de la controverse entourant le roman Houris, fait l'objet d'un délibéré attendu devant le tribunal d'Oran.
Les accusations au cœur du litige
Le conflit judiciaire trouve son origine dans les plaintes déposées par Saâda Arbane, une survivante de la guerre civile algérienne. Cette dernière accuse l'écrivain Kamel Daoud d'avoir utilisé son histoire personnelle, marquée par une tentative d'assassinat en 1999, pour nourrir la trame de son roman récompensé par le prix Goncourt. Selon la plaignante, l'écrivain aurait obtenu ces informations confidentielles par le biais de son épouse, Aïcha Dahdouh, qui fut sa psychiatre pendant plusieurs années.
La défense de la praticienne
Dans un communiqué officiel, Aïcha Dahdouh rejette catégoriquement ces allégations, affirmant n'avoir ni volé de dossier médical ni divulgué d'informations protégées. La psychiatre souligne son attachement aux fondements éthiques de sa profession. Elle explique son absence aux audiences par un contexte familial complexe et par le retentissement médiatique des prises de position de son époux, précisant vouloir faire entendre sa propre voix, distincte de celle de l'écrivain.
Divergences et contexte politique
Au-delà de l'aspect judiciaire, cette affaire met en lumière une fracture au sein du couple. Mme Dahdouh a tenu à marquer une distance nette avec les opinions de Kamel Daoud, notamment sur des sujets sensibles comme l'Algérie, l'islam et la Palestine. Elle souligne une divergence fondamentale concernant le regard porté sur la souffrance d'autrui. Ce volet judiciaire s'ajoute à une situation déjà tendue pour l'écrivain, qui vit en France et a été condamné par contumace en Algérie à trois ans de prison ferme pour son œuvre, laquelle aborde la période traumatique de la guerre civile ayant causé près de 200 000 morts entre 1992 et 2002.