Le maître coranique Djibril Diouf Sène a été interpellé par la Sûreté urbaine de Rufisque et présenté au parquet pour plusieurs chefs d’accusation liés à des faits d’abus sur une mineure de 14 ans, déclenchant un débat sur la sécurité des enfants au sein des structures religieuses.
Arrestation et mise en examen du maître coranique
Dans le cadre d’une enquête ouverte après la disparition d’une élève, la Sûreté urbaine de Rufisque a placé Djibril Diouf Sène en garde à vue. Le parquet l’a entendu pour détournement de mineure, attouchements sexuels, harcèlement sexuel, pédophilie et corruption de mineure. L’intervention des forces de l’ordre montre la volonté des autorités sénégalaises de réagir rapidement face à des accusations graves impliquant un éducateur religieux.
Chronologie de la disparition et des investigations
Le 10 septembre, la jeune fille, désignée sous les initiales C.D.N., a disparu subitement. Ses parents, après des recherches infructueuses dans les environs, ont finalement pensé à se rendre au daara, l’école coranique où elle était inscrite, même si les cours n’y étaient pas dispensés les jeudis et vendredis. Arrivés sur place, ils ont été informés par l’épouse du maître que celui‑ci n’était pas présent. Ce n’est qu’en fin de soirée, aux alentours de 22 heures, que la victime a été retrouvée et interrogée par son père.
Déclarations de la victime et constatations médicales
Lors de l’interrogatoire, C.D.N. a reconnu avoir été emmenée par son maître coranique à bord de sa moto, jusqu’à un jardin public près du rond‑point HLM, où il l’invitait à « discuter ». Elle a avoué une relation amoureuse avec lui et les tentatives de ce dernier d’établir des rapports sexuels, notamment en la conviant à réciter le Coran dans son bureau. Djibril Diouf Sène a confirmé avoir touché les parties intimes de la mineure, précisant que la jeune fille l’appelait « bébé » et qu’il n’a pas introduit le doigt. Un examen médical a confirmé l’intégrité de l’hymen, corroborant la version de la victime.
Enjeux pour la protection de l’enfance et la responsabilité des institutions religieuses
Cette affaire met en lumière les vulnérabilités auxquelles sont exposés les enfants fréquentant des établissements religieux, où l’autorité du maître coranique peut être difficile à contester. Elle soulève également la question de la surveillance et du contrôle exercés par les autorités locales sur les daaras, ainsi que la nécessité de protocoles clairs pour signaler et prévenir les abus. Si les investigations aboutissent à une condamnation, elles pourraient inciter à renforcer les mécanismes de protection de l’enfance au Sénégal et à sensibiliser les communautés à la gravité des comportements de ce type.