L’arrestation de Fatou Binetou Guèye, surnommée « Rose », a surpris son entourage, y compris les proches de Mame Makhtar Guèye, figure reconnue du militantisme religieux et moral au Sénégal. Placée en garde à vue puis déférée au parquet de Dakar pour une affaire présumée de trafic international de cocaïne et d’actes contre nature, sa fille a été interpellée dans des circonstances ordinaires, sans convocation préalable.
Mame Makhtar Guèye explique avoir cru, pendant deux ou trois jours, que sa fille se trouvait chez sa grand-mère, aux Parcelles Assainies, où elle avait l’habitude de passer ses week-ends. Ce n’est qu’après coup qu’il a découvert la vérité : « C’est ensuite que j’ai appris, comme tout le monde, son interpellation », confie-t-il. Le décalage entre cette routine apparente et la réalité judiciaire a marqué un tournant brutal dans sa perception des événements.
Sa réaction, bien que douloureuse, s’inscrit dans une logique qu’il qualifie lui-même de « lucidité résignée ». Ayant déjà été confronté à des situations similaires au sein de son organisation, il décrit une réponse similaire à celle qu’il avait eue dans d’autres affaires impliquant des proches. « Lorsque j’ai appris la nouvelle, ma réaction n’a pas été différente de celle que j’avais eue lorsque j’avais appelé Mbaye Dione, le frère du père d’Ass Dione Khassida, membre de la cellule Jamra 2 de Thiès », précise-t-il. Il évoque également des cas comme celui de Bougane Guèye Dany, après la mise en cause de son chroniqueur Kader Dia, ou encore celui de Souleymane Fallou Ndao de Malika TV, cité dans une affaire comparable.
Pour Mame Makhtar Guèye, cette épreuve s’inscrit dans une série d’événements qu’il a traversés en tant que témoin ou soutien d’autres familles touchées par des affaires judiciaires. Son discours reflète une forme d’endurance face à l’inattendu, où l’expérience militante semble atténuer l’effet de surprise, sans pour autant effacer la gravité de la situation. L’affaire, qui a éclaté comme une « bombe » selon ses termes, rappelle que les liens familiaux ou sociaux ne protègent pas des aléas judiciaires, même dans un contexte où la réputation et la moralité sont des valeurs centrales.