Affaire de pédophilie à Pikine-Guédiawaye : Cheikh Badiane jugé pour des actes sur mineures

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 32 lectures
Affaire de pédophilie à Pikine-Guédiawaye : Cheikh Badiane jugé pour des actes sur mineures

Une affaire de pédophilie a été jugée hier par la Chambre criminelle de Pikine-Guédiawaye, dans la banlieue dakaroise. Cheikh Badiane, un coxeur de 43 ans, était poursuivi pour des actes de pédophilie commis en début d’année 2023 sur deux fillettes âgées de 8 et 9 ans au moment des faits.

Originaire du Baol, région du centre du Sénégal, l’accusé entretenait des liens de proximité avec les mères des victimes, partageant avec l’une d’elles des origines villageoises communes. Cette confiance, apparemment anodine, avait conduit les commerçantes à lui confier la surveillance de leurs étals et de leurs enfants lors de leurs absences. Un choix qui s’est révélé tragique, le prédateur ayant méthodiquement exploité cette situation pour imposer un calvaire répété aux mineures.

Les témoignages des victimes, recueillis lors de l’audience, ont révélé l’ampleur des sévices subis. Pour échapper à la vue des passants, Cheikh Badiane aurait utilisé des caisses de fruits en bois pour se dissimuler derrière un étalage, à proximité d’un laboratoire. Les agressions, à la fois physiques et psychologiques, se seraient déroulées dans un climat de terreur, l’accusé menaçant les enfants de mort en cas de dénonciation. Les fillettes, incapables de compter le nombre d’agressions, ont décrit un cycle de violence et de chantage, entrecoupé de distributions de petites pièces de monnaie pour s’assurer de leur silence.

Le drame a été révélé au grand jour grâce à l’intervention d’un témoin, D. Mbengue, vendeur de lunettes installé sur le même tronçon. Ce dernier a alerté la mère de l’une des victimes après avoir observé une scène explicite, confirmée par une photo. Face à l’évidence des preuves, les mères, bien que peu familières des procédures judiciaires, ont saisi la justice, excédées par l’attitude insolente de l’accusé.

Lors de l’audience, Cheikh Badiane a nié les faits avec véhémence, affirmant avoir signé les procès-verbaux d’enquête sans en comprendre le contenu. Il a évoqué une simple présence auprès des enfants lors d’un combat de lutte retransmis en soirée, avant d’invoquer une cabale liée à une dette non remboursée. Un argument qualifié de « fragile et dérisoire » par le Parquet, qui a requis une peine de 10 ans de réclusion criminelle, qualifiant les actes de l’accusé de rupture brutale de l’innocence de deux enfants.

Les avocats de la défense, quant à eux, ont mis en doute la plausibilité des faits dans un lieu réputé pour son animation permanente, plaidant en faveur du doute. Les mères des victimes, malgré l’épreuve subie, n’ont formulé aucune demande de dommages et intérêts. Le délibéré est attendu pour le 4 août.

Cette affaire rappelle les risques encourus lorsque la confiance accordée à un proche ou à un voisin se transforme en piège. Elle interroge également sur les mécanismes de protection des mineurs dans les espaces publics, où la vigilance collective doit primer sur toute autre considération.

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