L’affaire Aziz Dabala, marquée par la découverte des corps sans vie d’El Hadji Abdoul Aziz Ba et de Boubacar Gano dans leur appartement à Pikine Technopole en août 2024, continue de susciter des interrogations malgré les avancées judiciaires. Les investigations menées par la Division des enquêtes criminelles (DIC) ont abouti à l’inculpation de plusieurs individus pour association de malfaiteurs, assassinat avec actes de barbarie, vol et recel.
Un revirement des aveux et des pistes divergentes
Le principal suspect, Mamadou Lamine Diaw, avait initialement reconnu sa participation avant de revenir sur ses déclarations. Il a accusé deux artistes, Tarba Mbaye et Nabou Lèye, d’être les véritables auteurs du double meurtre, affirmant qu’ils l’auraient recruté pour intimider Aziz Dabala. Selon ses nouvelles versions, Aziz Dabala aurait été poignardé par Nabou Lèye, tandis que Boubacar Gano aurait subi le même sort de la part de Tarba Mbaye. Cependant, les éléments recueillis lors des interrogatoires et des investigations contredisent cette thèse.
Interpellé, Tarba Mbaye a catégoriquement nié toute implication, précisant n’avoir jamais été en contact avec Mamadou Lamine Diaw, ni physiquement ni par téléphone. Les vérifications opérées par les enquêteurs, notamment via les données de l’opérateur de téléphonie, confirment l’absence de traces de communication entre les deux hommes autour de la date des faits. Ces éléments ont conduit à sa remise en liberté immédiate.
Une autre piste a été explorée avec l’identification d’un numéro de téléphone en contact permanent avec celui de Boubacar Gano. Le titulaire, une voisine des victimes, a indiqué entretenir des relations de voisinage avec la victime, sans lien apparent avec les événements. Les discussions téléphoniques évoquées portaient sur des sujets quotidiens, et Boubacar Gano lui empruntait régulièrement du matériel pour ses vidéos.
Les preuves scientifiques au cœur de l’enquête
Pour établir la vérité, le Centre d’Investigation Génétique et d’Analyse Scientifique et Statistique (Cigass) a été saisi afin de procéder à des analyses ADN sur la scène de crime. Les prélèvements réalisés ont permis d’identifier quatre profils génétiques distincts : deux correspondant aux victimes, un appartenant à Mamadou Lamine Diaw, et un quatrième non identifié, retrouvé sur un débris de verre dans le salon où gisait le corps d’Aziz Dabala.
Les résultats ont révélé la présence du sang de Mamadou Lamine Diaw dans plusieurs zones de l’appartement, notamment dans la salle de bain où reposait le corps de Boubacar Gano. Ces traces, mélangées à celles de la victime, renforcent l’hypothèse d’une implication directe du suspect dans les faits. Par ailleurs, une blessure au bras gauche de Mamadou Lamine Diaw, contractée lors de l’affrontement, corrobore les premières déclarations des enquêteurs.
Les analyses ADN, combinées aux rapports de la police scientifique, confirment la version initiale de Mamadou Lamine Diaw, excluant toute implication des autres suspects mis en cause. Selon les éléments recueillis, ses aveux ultérieurs semblent relever d’une stratégie visant à détourner l’attention des autorités judiciaires. Les investigations se poursuivent pour identifier le quatrième profil ADN, dont l’origine reste à déterminer.