Le procès américain d’Amadou Kane Diallo met en avant un projet d’hôpital spécialisé en médecine sportive censé être implanté à proximité de Dakar Arena, à Diamniadio. Les accusations portent sur des pratiques de corruption présumées pour obtenir un terrain et sur des déplacements en hélicoptère dont la signification diverge entre la défense et le parquet.
Un projet médical ambitieux mais jamais réalisé
Selon les éléments présentés par la défense, l’établissement devait accueillir des athlètes internationaux pour des soins, de l’entraînement et la préparation de saisons sportives. Le site, choisi pour sa proximité avec le complexe sportif de Dakar Arena, aurait permis d’organiser des camps et des rencontres d’exhibition. Un héliport était prévu afin de faciliter les évacuations médicales et d’élargir la zone d’intervention au‑delà des contraintes routières. Aucun hôpital n’a toutefois été construit à ce jour.
Les accusations de corruption et le rôle du terrain
L’accusation américaine avance que Diallo aurait cherché à obtenir un terrain d’une valeur estimée entre 120 et 300 millions de dollars, en échange de la remise de cinq véhicules, décrits comme des Range Rover, à une autorité sénégalaise. Le parquet soutient que ces véhicules auraient servi à financer une campagne politique visant à influencer l’attribution du foncier. La défense conteste ces allégations, rappelant que les autorités sénégalaises citées dans les pièces du dossier ne sont pas inculpées.
Déplacements en hélicoptère et divergences d’interprétation
En novembre 2018, Diallo et plusieurs associés ont effectué un vol en hélicoptère depuis la Californie. La défense décrit ce trajet comme une démonstration du fonctionnement d’un complexe sportif associé à l’hôpital et à l’héliport, avec la participation d’une autorité sénégalaise et de son épouse. Le parquet, quant à lui, cite le témoignage du pilote interrogé par le FBI, qui explique que l’atterrissage sur le parking d’un hôpital de Los Angeles était imposé par des contraintes techniques et qu’il ne se souvient pas d’une présentation liée au projet sénégalais.
Réactions des autorités sénégalaises et perspectives
Les documents du procès mentionnent des présentations, des cartes de développement et des photographies prises avec des personnalités sénégalaises lors d’une visite en décembre 2018. Cependant, aucune autorité locale n’est mise en cause dans la procédure américaine. Le projet, qui avait suscité l’intérêt d’investisseurs, dont un chirurgien orthopédique identifié par les initiales T.C., n’a jamais abouti, laissant le terrain recherché et l’avancement réel du chantier dans l’incertitude. L’affaire continue de nourrir le débat sur la transparence des projets d’infrastructure au Sénégal et sur les mécanismes de contrôle des investissements étrangers.