ADF en RDC : 31 civils tués en une semaine, la terreur s’étend dans l’Ituri

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 25 lectures
ADF en RDC : 31 civils tués en une semaine, la terreur s’étend dans l’Ituri

Depuis mercredi, au moins 31 civils ont été massacrés par les Forces démocratiques alliées (ADF) dans l’est de la RDC, marquant une escalade brutale des violences dans la province de l’Ituri. Ces attaques, ciblant des localités minières et agricoles, révèlent la stratégie des rebelles : imposer un système de taxation forcée sous peine de mort, tout en défiant les forces congolaises et ougandaises déployées depuis 2021.

Un conflit endémique et une économie sous pression

L’est de la RDC, en proie à des violences depuis plus de trois décennies, abrite une mosaïque de groupes armés, dont les ADF, originaires d’Ouganda et affiliés à l’État islamique. Leur mode opératoire repose sur des attaques éclair dans des zones riches en ressources, comme la chefferie de Babila Babombi, où les communautés vivent principalement de l’agriculture du cacao et de l’extraction minière. Les témoignages recueillis décrivent un système de « protection » imposé aux populations : les rebelles exigent des paiements en dollars, remettant des jetons comme preuve de soumission. Le refus de payer se solde systématiquement par des exécutions sommaires.

Les attaques des dernières semaines, concentrées dans le territoire de Mambasa, ont fait au moins 18 morts en une seule nuit dans la localité de Njiapanda-Bela. Les sources locales évoquent même un bilan de 50 victimes, non confirmé officiellement. Ces chiffres s’ajoutent aux plus de 190 civils tués depuis janvier dans la même région, illustrant l’incapacité des autorités à protéger les populations malgré la présence militaire conjointe congolo-ougandaise, lancée en 2021 sous le nom d’opération « Shujaa ».

Un échec militaire et une population prise en étau

L’opération conjointe, bien que visant à éradiquer les ADF, peine à endiguer leur expansion. Les agriculteurs interrogés dénoncent un double piège : soit ils dénoncent la présence des rebelles aux militaires, risquant d’être assimilés à des collaborateurs et exposés à des représailles, soit ils se taisent, laissant les ADF imposer leur loi. Les attaques se multiplient également dans le Nord-Kivu voisin, où une vingtaine de civils ont été tués ces dernières semaines dans le territoire de Beni. Les analystes soulignent que les ADF, dispersés en petits groupes mobiles dans les forêts, exploitent les failles sécuritaires et la méfiance des communautés envers les forces de l’ordre.

Face à cette insécurité chronique, les populations locales, privées de moyens de défense, subissent une économie asphyxiée. Les cultures de cacao et les activités minières, piliers de leurs revenus, sont systématiquement ciblées, aggravant la précarité. La situation rappelle l’urgence d’une réponse régionale coordonnée, mais aussi la nécessité de protéger les civils, pris en étau entre la terreur des groupes armés et l’impuissance des institutions.

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