Le candidat du Parti social-démocrate (SDP) à l'élection présidentielle nigériane de 2027, Adewole Adebayo, a placé la réforme du système judiciaire au cœur de son programme. Il dénonce une architecture pénale qui, selon lui, protège les élites corrompues tout en sanctionnant sévèrement les citoyens les plus précaires.
Une justice perçue comme discriminatoire
Lors d'une conférence organisée par le Comité pour la défense des droits de l'homme (CDHR) à Lagos, Adewole Adebayo a vivement critiqué l'état actuel de l'appareil judiciaire nigérian. Il pointe du doigt un déséquilibre flagrant : alors que les auteurs de détournements de fonds publics à grande échelle échappent souvent aux sanctions, les citoyens condamnés pour des délits mineurs subissent des peines disproportionnées. Pour le candidat, cette situation alimente une culture de la justice privée et érode la confiance des citoyens envers les institutions étatiques.
La protection des droits comme rempart contre l'arbitraire
Au-delà de la critique politique, le candidat a développé une réflexion sur la nature des droits humains. S'appuyant sur des exemples historiques, il soutient que le respect des procédures judiciaires, même pour les individus les plus décriés, constitue la véritable mesure de l'engagement d'une société envers les libertés fondamentales. Selon lui, les droits ne doivent pas être perçus comme des récompenses liées à la moralité, mais comme des garanties structurelles indispensables pour protéger l'ensemble de la population contre l'arbitraire.
Appel à une société civile vigilante
Adewole Adebayo a également interpellé les acteurs de la société civile, les exhortant à dépasser ce qu'il qualifie d'activisme de circonstance. Il les appelle à se saisir de problématiques majeures telles que la déscolarisation des enfants, l'intégrité des processus électoraux et la liberté de manifester. Le candidat a par ailleurs accusé l'administration actuelle de préparer des mécanismes visant à influencer les résultats du scrutin de 2027, affirmant que le gouvernement privilégie ces stratégies au détriment d'un bilan fondé sur la performance publique.