Le candidat de l’APC en Osun, Bola Oyebamiji, a finalement reconnu la victoire d’Ademola Adeleke à l’élection gouvernorale du 15 août 2026, malgré des violences pré et post-électorales ayant fait des dizaines de morts. Dans un geste salué comme un hommage à la démocratie, il a appelé le gouverneur réélu à garantir la sécurité des citoyens et des entreprises, tout en annonçant des consultations internes pour préparer les prochains scrutins.
Une reconnaissance tardive mais symbolique
Deux semaines après la proclamation des résultats par l’Independent National Electoral Commission (INEC), Bola Oyebamiji a officiellement félicité Ademola Adeleke pour sa réélection, obtenue avec 511 067 voix contre 444 815 pour son adversaire. Dans une déclaration publique à Osogbo, capitale de l’État, il a souligné avoir « accepté le verdict des urnes » et salué le « rôle de la démocratie » à l’occasion du 35e anniversaire de la création de l’État d’Osun.
Cette concession, bien que tardive, intervient dans un contexte marqué par des tensions persistantes. Oyebamiji a dénoncé les violences post-électorales, incluant des « meurtres insensés, harcèlements et intimidations » ciblant les membres et sympathisants de l’APC, ainsi que des attaques contre des commerces perçus comme proches de l’opposition. Il a exigé que le gouverneur utilise ses pouvoirs constitutionnels pour rétablir l’ordre et protéger les vies et les biens.
Violences électorales : un bilan lourd et des inquiétudes persistantes
Selon des rapports locaux, au moins 73 incidents violents liés au scrutin ont été recensés avant le 15 août, faisant 29 morts, principalement à Osogbo. Les affrontements se sont poursuivis après le vote, avec au moins deux nouveaux décès signalés. Oyebamiji a également alerté sur des attaques ciblant des PME, attribuées à des règlements de comptes politiques, compromettant selon lui les ambitions économiques de l’État.
Face à cette situation, il a insisté sur l’urgence de sécuriser l’environnement des affaires pour attirer les investissements et créer des emplois, condition sine qua non pour un développement durable. « La sécurité et un climat propice aux entreprises ne sont pas négociables », a-t-il martelé.
L’APC se recentre sur 2027 malgré les divisions
Malgré cette défaite, Bola Oyebamiji a appelé à l’unité du parti, exhortant ses membres à se mobiliser pour la réélection du président Bola Tinubu et des candidats de l’APC aux prochaines élections générales. Il a annoncé que des consultations étaient en cours avec les dirigeants locaux pour définir la stratégie future, réaffirmant l’engagement du parti à « poursuivre la justice par des voies légales et constitutionnelles ».
Cette transition pacifique, bien que contrastant avec les violences observées, pourrait servir de leçon pour les prochains scrutins. Cependant, les tensions sous-jacentes et les appels à la sécurité rappellent les défis structurels qui pèsent sur la stabilité politique du Nigeria, où les élections restent souvent entachées de controverses.