Un coup de pouce qui se réduit Depuis le 1er septembre, MaPrimeRénov’ ne finance plus que trois travaux isolés. Plus de subventions pour les menuiseries, l’isolation des combles ou les fenêtres performantes. Seules comptent désormais les pompes à chaleur, les raccordements aux réseaux de chaleur ou froid, et le démantèlement des cuves à fioul. Un choix qui laisse des milliers de ménages sur le carreau.
Pourquoi cette restriction ? L’État justifie cette mesure par une volonté de cibler les travaux les plus impactants. « Les aides doivent prioriser les économies d’énergie les plus efficaces », explique-t-on au ministère. Pourtant, cette logique exclut des millions de foyers modestes qui ne peuvent se permettre des rénovations lourdes. Qui décide alors de ce qui est « efficace » pour qui ?
Les perdants : les petits budgets et les logements anciens Les propriétaires de maisons individuelles, souvent plus anciennes, voient leurs chances de bénéficier d’aides s’effondrer. Sans isolation renforcée ou remplacement des fenêtres, les économies d’énergie restent limitées. Pire : sans ces aides, les travaux deviennent inaccessibles. Comment financer une pompe à chaleur sans d’abord isoler son logement ?
Les gagnants : les promoteurs et les gros travaux Les entreprises spécialisées dans les réseaux de chaleur ou les pompes à chaleur saluent cette orientation. « C’est une bonne nouvelle pour notre secteur », confie un professionnel. Mais pour les artisans du bâtiment, cette restriction équivaut à une baisse d’activité. Les petits chantiers, souvent les plus rentables, disparaissent.
Un manque à gagner pour les ménages modestes Selon l’UFC-Que Choisir, près de 30 % des demandes de MaPrimeRénov’ concernaient des travaux non éligibles. « Cette réforme va aggraver les inégalités énergétiques », dénonce l’association. Sans aide, les ménages précaires restent coincés dans des logements énergivores. Faut-il vraiment sacrifier l’équité au nom de l’efficacité ?
Et demain ? Vers une prime encore plus restrictive ? Le gouvernement prépare déjà une nouvelle réforme pour 2025. Objectif : aligner MaPrimeRénov’ sur les critères de la rénovation globale. « Les ménages devront cumuler plusieurs travaux pour obtenir une aide », annonce-t-on. Mais qui va payer le prix de cette logique ?
Conclusion : une prime qui abandonne ses bénéficiaires MaPrimeRénov’ se transforme en outil de sélection plutôt qu’en levier d’inclusion. Les ménages modestes, déjà fragilisés, voient leurs espoirs s’effriter. Faut-il vraiment choisir entre efficacité et justice sociale ? La réponse risque de coûter cher à ceux qui en ont le moins les moyens.