Le géant du jeu vidéo Activision Blizzard a récemment fait retirer deux projets amateurs permettant de jouer gratuitement à des versions recréées de Call of Duty dans un navigateur. Cette intervention souligne la fermeté de l'éditeur face à l'usage de l'intelligence artificielle pour exploiter ses propriétés intellectuelles, dans un contexte où la place de cette technologie dans l'industrie reste vivement débattue.
La fin de deux projets basés sur l'IA
Le développeur amateur Luckey Faraday avait mis en ligne des reconstitutions jouables de titres emblématiques, dont Black Ops II et la carte Kino der Toten, en s'appuyant sur des outils d'intelligence artificielle pour la programmation. Ces projets permettaient aux utilisateurs d'accéder à des modes de jeu classiques sans passer par les plateformes officielles. Face à cette initiative, Activision a rapidement réagi en émettant une demande de retrait DMCA, entraînant la suppression immédiate des jeux et de leurs supports promotionnels.
Le conflit entre usage créatif et droit d'auteur
Si l'utilisation de l'IA par les fans est souvent perçue comme une forme d'hommage ou d'expérimentation technique, elle se heurte frontalement aux impératifs de protection des droits d'auteur. Les projets supprimés ne se limitaient pas à une simple génération par IA : ils intégraient des cartes, des modèles et des animations directement extraits des jeux originaux. Bien qu'Activision n'ait pas détaillé les motifs précis de sa décision, la réutilisation de ces actifs protégés constitue une violation manifeste de la propriété intellectuelle de l'éditeur.
La perception contrastée de l'IA dans l'industrie
Cette affaire met en lumière une fracture dans la réception de l'IA au sein de la communauté des joueurs. D'un côté, l'usage de l'IA par les studios professionnels, comme ce fut le cas lors de la sortie controversée de Call of Duty: Black Ops 7 en 2025, est souvent perçu comme un raccourci remplaçant le travail artistique humain, ce qui avait alors provoqué une chute des ventes et des demandes de remboursement. De l'autre, les initiatives amateurs utilisant l'IA pour faire revivre des titres anciens sont parfois accueillies avec enthousiasme par les fans. Ce double standard souligne que, pour le public, la légitimité de l'intelligence artificielle dépend autant du contexte de création que de la finalité du projet.