Face à l'importance stratégique du secteur minier dans l'économie ghanéenne, ActionAid plaide pour une refonte de la gouvernance des ressources naturelles. L'organisation insiste sur la nécessité d'intégrer les femmes et les jeunes, premières victimes des impacts environnementaux et économiques, au cœur des processus décisionnels.
Un poids économique majeur aux conséquences locales lourdes
En 2024, le secteur minier a représenté 9,5 % du PIB du Ghana, avec des revenus d'exportation atteignant 11,9 milliards de dollars, dont 11,6 milliards issus de la seule production d'or. Si cette industrie soutient environ 1,14 million de moyens de subsistance, la réalité sur le terrain est contrastée. L'exploitation artisanale et à petite échelle, bien que vitale pour l'emploi, a entraîné la dégradation de plus de 78 000 hectares de terres agricoles et forestières au cours des vingt dernières années, compromettant la sécurité alimentaire et la qualité des ressources en eau des populations locales.
Le projet VOICES pour une justice minière
Pour répondre à ces déséquilibres, ActionAid déploie le projet « Uplifting the Voices of Mining Communities » (VOICES). Financée par Comic Relief, cette initiative de deux ans, active de juin 2026 à mai 2028, cible quatre districts particulièrement touchés : Asutifi North, Mfantseman, Ahafo Ano South et Talensi. L'objectif est de renforcer la capacité des citoyens à documenter les violations des droits humains, les abus environnementaux et les préoccupations liées au travail, afin de nourrir un plaidoyer politique fondé sur des preuves.
Vers une responsabilisation des acteurs locaux
La stratégie d'ActionAid repose sur la formation de 80 leaders, femmes et jeunes, chargés de piloter des campagnes de mobilisation civique. Parallèlement, la création de quatre comités de surveillance communautaires permettra de collecter des données vérifiables sur le terrain. Ces informations seront transformées en notes de synthèse destinées aux autorités traditionnelles, aux assemblées de district et aux entreprises minières, dans le but d'imposer une plus grande redevabilité et une gestion plus équitable des richesses minérales du pays.