Le chercheur John Osae‑Kwapong du Centre for Democracy and Development (CDD) au Ghana a mis en garde contre le danger que les récentes accusations portées contre le leader de l’opposition, Alexander Afenyo‑Markin, font peser sur la confiance du public dans le Parlement, institution déjà jugée peu fiable.
Conflit entre le leader de l’opposition et le PDG de GoldBod
Le débat public a éclaté après que Sammy Gyamfi, directeur général de la société pharmaceutique GoldBod, a accusé Alexander Afenyo‑Markin, chef de la minorité parlementaire, d’extorsion et de tentative de pression sur son entreprise. Afenyo‑Markin a catégoriquement rejeté ces allégations et a menacé d’engager des poursuites judiciaires, transformant ainsi l’échange en un différend politique et juridique plus large.
Un Parlement déjà confronté à une crise de confiance
Selon le chercheur, ces accusations s’inscrivent dans un contexte où le Parlement ghanéen souffre d’une perception généralisée de corruption et d’un faible niveau de confiance, comme le montrent les enquêtes Afrobarometer. Ces sondages indiquent que les citoyens perçoivent l’institution comme peu transparente et peu capable de représenter leurs intérêts, ce qui rend chaque nouvelle polémique potentiellement déstabilisatrice.
Conséquences pour la démocratie ghanéenne
Osae‑Kwapong souligne que la répétition d’incidents de ce type pourrait renforcer les idées déjà ancrées chez une partie de la population, aggravant le sentiment d’un « crise de confiance ». Il avertit que si la méfiance persiste, les citoyens pourraient finir par perdre foi dans le Parlement, compromettant ainsi son rôle constitutionnel de contrôle de l’exécutif, d’élaboration des lois et de représentation du peuple. Une telle perte d’autorité pourrait affaiblir les mécanismes de reddition de comptes essentiels à la démocratie.
Au‑delà de l’affaire individuelle
Pour le chercheur du CDD, il ne s’agit pas seulement d’une querelle entre deux personnalités, mais d’un signal d’alarme sur la santé institutionnelle du Parlement. Il appelle à une réflexion collective sur la manière de restaurer la légitimité de l’organe législatif, notamment en renforçant la transparence et en combattant les perceptions de corruption afin de préserver la stabilité démocratique du Ghana.