L'urbanisation incontrôlée des zones humides de la capitale ghanéenne a des conséquences directes sur la sécurité des populations. Une évaluation officielle attribue les inondations inédites du quartier de Tse Addo à la transformation illégale de la lagune Kpeshie en terrains constructibles.
L'impact de l'artificialisation des sols
Le rapport du Conseil de coordination régional du Grand Accra est sans appel : le remblayage de portions de la lagune Kpeshie a drastiquement réduit sa capacité naturelle de rétention des eaux pluviales. Ce bassin naturel, autrefois protégé par une mangrove dense, a été progressivement dégradé par l'abattage de la végétation et l'apport de matériaux de remblai. Ces espaces, une fois stabilisés artificiellement, ont été commercialisés pour accueillir des hôtels et des infrastructures privées, supprimant ainsi la zone tampon indispensable à l'absorption des crues.
Opérations de démolition et restauration
Face à l'urgence, la Task Force de lutte contre les inondations a entamé une série d'interventions musclées. Des structures non autorisées, situées dans le périmètre protégé de la lagune à Laboma, ont été démolies. Cette mesure fait suite à un ultimatum de 21 jours adressé aux occupants des zones à risque. L'opération a également visé des murs de clôture érigés le long de la route Labadi-Teshie, destinés à privatiser des zones où le remblayage illégal était en cours.
Une stratégie de gestion des eaux pluviales
Au-delà des démolitions, le gouvernement ghanéen a engagé le 48e régiment du génie pour mener des travaux de dragage sur le site de la lagune Kpeshie. Cette action s'inscrit dans un programme plus vaste de restauration des bassins de rétention et des voies d'eau à travers le Grand Accra. L'objectif affiché par les autorités est d'améliorer durablement la gestion des eaux de ruissellement et de prévenir de nouveaux sinistres dans les zones vulnérables. La surveillance des empiétements sur ces espaces protégés demeure un point de vigilance majeur pour les services de l'État afin de garantir la pérennité de ces infrastructures naturelles.