Accouchements sans assistance médicale en hausse au Québec : entre désir d’autonomie et risques sanitaires

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 23 lectures
Accouchements sans assistance médicale en hausse au Québec : entre désir d’autonomie et risques sanitaires

Des femmes québécoises optent de plus en plus pour un accouchement sans médecin ni sage‑femme, motivées par la volonté de garder le contrôle sur leur corps. Les autorités sanitaires soulignent toutefois les risques accrus de complications maternelles et néonatales lorsqu’aucune assistance médicale n’est présente.

Motivations et témoignages de femmes pratiquant le freebirth

Le Mouvement pour l’autonomie dans l’enfantement, représenté par Sarah Landry, explique que certaines futures mères souhaitent que la grossesse et la naissance « leur appartiennent vraiment », afin de créer une connexion intime avec leur corps. Léa Couture, 34 ans, illustre ce choix : en 2020, elle a donné naissance à son premier fils dans son appartement du Mile End, entourée de son conjoint et d’une doula. Elle décrit l’expérience comme un « cadeau », dépourvu de toute contrainte horaire ou médicale. Deux ans plus tard, elle a répété l’opération, cette fois sans doula ni soutien du conjoint, affirmant être la « maîtresse de cette expérience ». Elle reconnaît que ce mode d’accouchement ne convient pas à toutes les femmes, certaines préférant la sécurité d’un hôpital.

Risques médicaux soulignés par les professionnelles de santé

La Dre Liliane Brassard, vice‑présidente de l’Association des obstétriciens et gynécologues du Québec, rappelle que même une grossesse dite « normale » peut connaître des complications imprévues. Sans surveillance médicale, des détresses fœtales, des besoins de réanimation ou des hémorragies maternelles peuvent passer inaperçus ou être traités trop tard, augmentant le risque de mortalité infantile ou de séquelles graves pour la mère. Elle précise que la détection rapide d’une hémorragie est cruciale pour éviter des issues fatales.

Un phénomène difficile à quantifier mais perçu comme en croissance

Les organismes publics du Québec n’ont pas pu fournir de statistiques fiables sur le nombre d’accouchements non assistés, rendant l’évaluation du phénomène complexe. Malgré l’absence de données officielles, la plupart des acteurs interviewés constatent une visibilité accrue du freebirth, notamment grâce aux réseaux sociaux où des vidéos américaines accumulent des millions de vues. Les observateurs qualifient la pratique de marginale, mais notent qu’elle gagne du terrain parmi les femmes informées et préparées.

Réactions des autorités et appel à une information complète

Julie Pelletier, présidente de l’Ordre des sages‑femmes du Québec, met en garde contre la désinformation qui circule en ligne, où certains affirment que l’absence d’intervention garantit toujours un bon résultat. Elle estime que ces messages culpabilisent les femmes qui ont suivi les recommandations médicales et rencontrent des complications. Sarah Landry insiste sur la nécessité d’un choix éclairé, reposant sur une information exhaustive incluant à la fois les risques et les alternatives pour limiter la médicalisation lorsque cela est possible. Selon elle, le principal défi reste l’accès à une documentation équilibrée qui permette aux familles de prendre des décisions en toute connaissance de cause.

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