Un compromis signé le 10 septembre entre l'archidiocèse de Lubumbashi et les sociétés minières Excellent Minerals et COMILU a mis fin à la menace de relocalisation du lycée Lubusha, garantissant la poursuite des activités scolaires dans un contexte minier sensible.
Un patrimoine éducatif de plus de sept décennies en jeu
Construit il y a plus de 70 ans, le lycée Lubusha, situé dans la localité de Lwisha, représente l’un des rares établissements d’enseignement secondaire du secteur. Son avenir était incertain depuis plusieurs années, les activités d’extraction minière à proximité ayant engendré des risques d’effondrement, de pollution et de déstabilisation des infrastructures. Les tensions entre l’archidiocèse, propriétaire de l’école, et les entreprises minières avaient alimenté les craintes d’une éventuelle démolition.
Les engagements des acteurs miniers
Dans le cadre de l’accord, Excellent Minerals et la Compagnie minière de Lwisha (COMILU) se sont engagés à réparer les dommages déjà causés, notamment ceux liés à l’usage d’explosifs. Les deux sociétés devront financer la remise en état des bâtiments, sécuriser les zones adjacentes et mettre en place des procédures de suivi afin d’éviter toute nouvelle atteinte à l’infrastructure scolaire. Cette prise en charge financière constitue une première dans la région, où les coûts de remise en état étaient souvent supportés par les communautés locales.
Garantie de sécurité et soutien à la formation des jeunes filles
Outre les réparations matérielles, le protocole prévoit la promotion de la formation des jeunes filles, un volet essentiel compte tenu du faible taux de scolarisation féminine dans certaines zones minières. Le vicaire général aux œuvres de l’archidiocèse, Mgr Emmanuel Mumba, a souligné que « l’autorité provinciale a promis de s’impliquer et de suivre de près la situation sécuritaire ». Cette surveillance étatique vise à assurer que les activités minières ne compromettent pas la quiétude du lycée et que les élèves puissent poursuivre leurs études dans un environnement sûr.
Implications pour le dialogue entre secteur minier et société civile
L’accord illustre une évolution du modèle de gouvernance locale, où les entreprises extractives sont appelées à assumer davantage de responsabilités sociales. En conciliant intérêts économiques et besoins éducatifs, le partenariat pourrait servir de référence pour d’autres localités confrontées à la cohabitation entre mines et services publics. Toutefois, le suivi de la mise en œuvre reste crucial : les engagements devront être vérifiés régulièrement pour éviter tout glissement vers une nouvelle pression sur le lycée.