À l’occasion de la 24e Journée mondiale contre la peine de mort, l’Association pour la coopération et l’action contre la torture (ACAT) au Sénégal a présenté une campagne baptisée « 26 lettres pour 2026 ». L’initiative vise à transformer l’abolition de 2004 en un acquis juridique durable, en sollicitant un renforcement des garanties et un soutien au moratoire universel attendu en décembre.
Une mobilisation symbolique le 10 octobre 2026
Le samedi 10 octobre, date officielle de la journée internationale de lutte contre la peine capitale, ACAT a dévoilé son plan d’action. Le dispositif repose sur la rédaction et la remise en main propre de vingt‑six courriers de plaidoyer, chacun destiné à un acteur institutionnel majeur. Cette démarche s’inscrit dans une logique de visibilité et de pression douce, afin de rappeler que l’interdiction de la peine de mort doit rester irréversible.
Destinataires clés : de l’État aux instances religieuses
Les lettres sont adressées aux plus hautes autorités du pays – le président de la République, le Premier ministre, le ministre de la Justice et le président de l’Assemblée nationale – ainsi qu’aux représentants religieux, dont les khalifes généraux et l’archevêque de Dakar. ACAT a également inclus les missions diplomatiques et les organes des Nations unies présents au Sénégal, afin de garantir une portée à la fois nationale et internationale. Chaque remise sera accompagnée d’une décharge signée pour tracer la réception officielle.
Objectifs juridiques : protocole ONU et moratoire universel
Parmi les revendications formulées, l’association demande l’adhésion du Sénégal à un protocole des Nations unies visant à renforcer les garanties contre la peine de mort. Elle sollicite également un vote favorable au moratoire universel sur les exécutions, prévu lors d’une session décisive en décembre. Ces deux leviers juridiques sont présentés comme essentiels pour éviter toute régression et pour inscrire l’interdiction dans les standards internationaux.
Rappel du cadre législatif sénégalais
L’abolition de la peine capitale au Sénégal remonte à la loi n° 2004‑38 du 28 décembre 2004, qui a mis fin à plus d’un siècle de pratiques punitives. Vingt‑deux ans plus tard, ACAT considère cet acte législatif comme un fondement à protéger, non comme une simple étape historique. La campagne « 26 lettres pour 2026 » se veut donc un rappel que la vigilance juridique reste indispensable pour que cet acquis ne soit pas remis en cause.