L’État sénégalais s’expose à une crise de crédibilité après avoir lancé des demandes d’explications pour absentéisme post-Magal, une mesure jugée tardive et inefficace par un ancien haut responsable.
Un dispositif de contrôle contesté
Le ministère de la Fonction publique a engagé une procédure administrative à l’encontre des agents de l’État absents au lendemain du Grand Magal de Touba, suscitant une polémique persistante. Waly Diouf Bodiang, ancien directeur général du Port autonome de Dakar, dénonce une approche « à retardement » et dépourvue de vision stratégique. Dans un post sur les réseaux sociaux, il souligne que cette décision, bien que légitime en apparence, intervient après un problème déjà identifié, sans garantie d’effets concrets. Pour lui, une telle démarche risque de saper l’autorité de l’État si elle se limite à des formalités sans suite.
L’ancien haut fonctionnaire met en garde contre les conséquences d’une procédure administrative vidée de sa substance. Sans mesures coercitives ou correctives, ces demandes d’explications pourraient être perçues comme une simple formalité, réduisant à néant l’impact attendu. Cette critique s’inscrit dans un débat plus large sur la gestion des ressources humaines au sein de l’administration sénégalaise, souvent pointée du doigt pour son manque de réactivité et son approche bureaucratique.
Vers une réforme structurelle des absences post-événements religieux
Waly Diouf Bodiang élargit la discussion en plaidant pour une refonte des règles encadrant les absences après des événements religieux majeurs comme le Magal ou le Gamou. Selon lui, la rigidité des procédures actuelles ne tient pas compte des réalités socio-culturelles du pays, où ces célébrations mobilisent une partie importante de la population. Plutôt qu’une application stricte des textes, il propose une approche « intelligente », adaptée aux spécificités locales et aux attentes des citoyens.
Cette proposition s’inscrit dans un contexte où les tensions entre administration et agents publics s’exacerbent, notamment lors des périodes post-fêtes religieuses. Les absences massives, souvent justifiées par des raisons familiales ou communautaires, révèlent les limites d’un système qui peine à concilier efficacité administrative et sensibilité culturelle. L’ancien DG du PAD appelle ainsi à une réflexion globale sur l’aménagement des calendriers administratifs, afin d’éviter des réactions ponctuelles et inefficaces.