En hommage à l'héritage de l'ancien Premier ministre de la région orientale, le Dr Michael Okpara, les autorités de l'État d'Abia et les acteurs académiques nigérians appellent à une transformation profonde du secteur agricole. Ce projet, axé sur l'intégration technologique et la création de valeur ajoutée, vise à transformer l'agriculture de subsistance en un moteur de croissance économique et d'exportation.
Un modèle de gouvernance axé sur la prospérité collective
Lors de la troisième conférence commémorative Michael Okpara, tenue à l'Université d'agriculture de l'État d'Abia (MOUAU), le chef Arthur Eze a exhorté les dirigeants actuels à s'inspirer de la vision du défunt Premier ministre. Entre 1959 et 1966, Michael Okpara avait bâti des infrastructures durables, notamment des fermes pilotes à Ohaji, Igbariam, Ulonna et Ububra, privilégiant le développement industriel et le bien-être public à l'enrichissement personnel. Cette approche, fondée sur l'intégrité et l'investissement dans le capital humain, reste, selon les intervenants, une référence nécessaire pour relever les défis contemporains du Nigeria.
Le plan d'Alex Otti pour l'autosuffisance alimentaire
Le gouverneur de l'État d'Abia, Alex Otti, a annoncé le lancement prochain de fermes technologiques. L'objectif est double : atteindre l'autosuffisance alimentaire et positionner l'État comme un exportateur net de produits agricoles, notamment le cacao, le palmier à huile, l'avocat et la noix de cajou. Pour concrétiser cette ambition, un groupe de travail composé de représentants du gouvernement, d'experts agricoles et de l'université a été mis en place. Le gouverneur a fixé un horizon de six mois à un an pour obtenir des résultats tangibles, soulignant la nécessité de passer d'une agriculture traditionnelle à une exploitation commerciale compétitive.
L'innovation technologique au cœur de la productivité
La vice-chancelière de la MOUAU, le professeur Ngozi Akanwa, ainsi que le directeur général de l'Institut national de recherche sur les cultures racinaires (NRCRI), le professeur Chidozie Ngozi Egesi, ont insisté sur le rôle crucial de la science. L'utilisation de l'intelligence artificielle, de la biotechnologie, de l'irrigation intelligente et de techniques de sélection génomique est jugée indispensable pour accroître les rendements, réduire les pertes post-récolte et renforcer la résilience climatique des cultures comme le manioc et l'igname.
Dépasser l'exportation de matières premières
Le fils du défunt dirigeant, Uzodinma Okpara, a soutenu cette dynamique en appelant à une agriculture plus « intelligente ». Le consensus parmi les experts présents est clair : le Nigeria doit impérativement s'orienter vers la transformation locale. En développant des unités de traitement pour produire de l'amidon, des aliments pour le bétail et d'autres dérivés industriels, le pays pourra non seulement mieux rémunérer ses agriculteurs, mais aussi capter une plus grande part de la valeur ajoutée sur les marchés internationaux.