Le ministre tchadien de l’Aménagement du territoire et de l’Urbanisme, Mahamat Assileck Halata, a plaidé ce 30 août 2026 pour une gestion rigoureuse des terres à Abéché, lors d’une rencontre avec les acteurs locaux. L’objectif affiché : prévenir les conflits liés à l’occupation illégale des sols et renforcer la transparence dans l’attribution des parcelles. Une initiative qui s’inscrit dans un contexte où les tensions autour des terres s’intensifient dans cette région du Tchad.
Une mobilisation multisectorielle pour encadrer l’usage des sols
Lors de sa mission à Abéché, le ministre a réuni autour de lui les autorités administratives et sécuritaires, les leaders religieux et traditionnels, ainsi que les représentants de la société civile et des jeunes. Cette diversité d’acteurs reflète l’enjeu collectif que représente la gestion foncière dans une zone où les terres arables sont convoitées et où les litiges peuvent dégénérer en violences intercommunautaires. Le ministre a insisté sur la nécessité de « respecter les procédures légales » pour éviter les spoliations et les empiétements illégaux.
Les risques d’une gestion foncière défaillante
À Abéché, comme dans d’autres régions du Tchad, l’accaparement des terres par des acteurs puissants – qu’ils soient privés ou publics – menace la stabilité sociale. Les communautés locales, souvent dépourvues de titres de propriété formels, se retrouvent marginalisées face à des décisions unilatérales. Le ministre a pointé du doigt les « dérives » dans l’attribution des parcelles, qui alimentent les frustrations et les conflits. Une réforme du système d’enregistrement des terres pourrait être envisagée pour sécuriser les droits des populations.
Un appel à la responsabilité collective
Le ministre a conclu en appelant à une « responsabilité partagée » entre l’État, les collectivités locales et les citoyens. Il a souligné que la rigueur dans la gestion foncière n’est pas seulement une question technique, mais un impératif de paix sociale. Pour les habitants d’Abéché, cette démarche pourrait marquer un tournant si elle s’accompagne de mesures concrètes, comme la délimitation des zones agricoles ou la lutte contre la corruption dans les services fonciers. Une question à suivre dans les prochains mois.