Le 1er août 2026, Alex Kiprotich, rédacteur associé du Standard Group, et son chauffeur ont été interceptés par des hommes armés à proximité du poste de pesage de Gilgil, sur la route Gilgil‑Nakuru. Les faits, survenus à moins d’une centaine de mètres d’un poste de police équipé de six caméras de surveillance, ont relancé le débat sur la sécurité des citoyens et la possible complicité des forces de l’ordre dans des actes de violence.
Le drame sur la route Gilgil‑Nakuru
Alors qu’ils circulaient sur l’un des axes les plus fréquentés du centre du Kenya, le véhicule de Kiprotich a été stoppé à un point d’étranglement stratégique. Des hommes armés, identifiés par des témoins comme étant liés à des structures étatiques, ont procédé à l’enlèvement du journaliste et de son conducteur, Geoffrey Kamau. Aucun des deux n’a pu alerter les agents de police présents, malgré la visibilité offerte par les caméras du poste de pesage.
Enquête sur la présence des forces de l’ordre
Les premières investigations menées par les autorités locales ont mis en évidence une absence de réaction de la part des policiers postés à proximité. Des enregistrements vidéo montrent les agents observant la scène sans intervenir, ce qui a alimenté les accusations de collusion. Des sources internes au ministère de l’Intérieur ont indiqué que des ordres de « non‑intervention » auraient pu être transmis aux équipes de terrain, bien que ces allégations restent à confirmer par une enquête officielle.
Implications pour la liberté de la presse et la sécurité des citoyens
Cette affaire revêt une importance particulière pour le climat médiatique kenyan. Le Standard Group, l’un des principaux quotidiens du pays, a déjà fait l’objet de pressions gouvernementales dans le passé. L’enlèvement d’un de ses rédacteurs renforce les craintes d’une répression ciblée contre les journalistes qui couvrent des sujets sensibles. Par ailleurs, le fait que l’incident se soit déroulé à proximité d’un poste de police soulève des questions sur la capacité des forces de sécurité à protéger les usagers de la route, même dans des zones supposées hautement surveillées.
Réactions et appels à l’action
Des organisations de défense des droits humains, dont le Kenya Human Rights Commission, ont exigé une enquête indépendante et transparente. Le Syndicat des journalistes du Kenya a appelé à la suspension immédiate de toute fonctionnaire impliqué dans l’affaire et à la mise en place de garanties renforcées pour la protection des reporters. Le gouvernement, de son côté, a annoncé la création d’une commission spéciale, sans toutefois préciser son mandat ni son calendrier.