Abdourahmane Sarr dénonce une incohérence du FMI entre la promesse de restaurer la soutenabilité de la dette sénégalaise et le recours au cadre commun du G20

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 36 lectures
Abdourahmane Sarr dénonce une incohérence du FMI entre la promesse de restaurer la soutenabilité de la dette sénégalaise et le recours au cadre commun du G20

Abdourahmane Sarr, ancien ministre de l’Économie et président du CEFDEL, a remis en cause les propos de la cheffe de mission du FMI, Vera Mercedes, qu’il juge contradictoires sur la soutenabilité de la dette sénégalaise et le recours au cadre commun du G20.

Le FMI exige des assurances de financement, pas un accord G20 finalisé

Dans une interview accordée à Jeune Afrique, Vera Mercedes a expliqué que le Fonds monétaire international n’attend pas que le traitement de la dette au sein du cadre commun du G20 soit définitivement conclu pour avancer avec le programme sénégalais. Elle a toutefois insisté sur la nécessité d’obtenir « des assurances de financement de la part des créanciers officiels ». Cette position, selon Sarr, crée une tension avec les déclarations officielles du gouvernement sénégalais.

Un discours antérieur qui affirmait la soutenabilité de la dette

Au cours des deux dernières années, Sarr et son ancien collègue chargé du Budget ont soutenu que la dette du Sénégal restait soutenable, sans besoin de réduction du stock. Ils ont souligné que le coût moyen de la dette était raisonnable et que la consolidation budgétaire était déjà engagée. Le rapport macroéconomique du ministère de l’Économie, du Plan et de la Coopération, publié en mars 2026, présentait un cadre de politique économique pour 2026‑2036, confirmant ces arguments.

Deux scénarios envisagés par l’ancien ministre

Sarr propose deux hypothèses : si, selon les grilles d’analyse du FMI et de la Banque mondiale, la dette n’est pas soutenable, un traitement de la dette deviendrait indispensable pour restaurer sa viabilité. En revanche, si la dette est jugée viable, le recours au cadre commun du G20 serait superflu et le programme du FMI pourrait s’appuyer uniquement sur les assurances de financement et sur des mesures correctives liées au « misreporting ». Il interroge ainsi l’usage de l’expression « restaurer sa soutenabilité » dans le discours de Mercedes.

Vers une stratégie d’endettement « bien pensée »

Au-delà du débat de terminologie, Sarr défend la poursuite d’une stratégie d’endettement qu’il estime cohérente avec les intérêts du Sénégal. Il rappelle son rôle dans l’élaboration de cette stratégie au cours des deux dernières années et appelle à la maintenir. Selon lui, le FMI pourrait accompagner le Sénégal dans cette voie, notamment en apportant un financement dédié, à condition que le programme soit présenté clairement et sans ambiguïté.

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