L’ancien ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération du Sénégal, Abdourahmane Sarr, a dénoncé une contradiction dans les propos de la cheffe de mission du FMI, Mercedes Vera Martin, au sujet de la soutenabilité de la dette sénégalaise et des conditions du nouvel accord en cours de validation.
Un accord FMI‑Sénégal en attente d’approbation
Le Fonds monétaire international et le gouvernement sénégalais ont conclu un nouveau protocole d’appui qui doit encore être soumis à l’examen du Conseil d’administration du FMI. Cet accord, qui vise à structurer le programme de financement du pays, intervient alors que le débat public se concentre sur la viabilité de la dette publique et les exigences de traitement de celle‑ci.
Sarr rappelle son positionnement antérieur sur la dette
Dans un texte publié sur ses réseaux, l’ancien ministre rappelle qu’avec le chargé du Budget, il a soutenu pendant deux ans que la dette du Sénégal restait soutenable et ne nécessitait pas de réduction de son stock. Il cite le rapport macroéconomique de mars 2026 du ministère de l’Économie, qui présentait une projection 2026‑2036 et affirmait que le coût moyen de la dette demeurait raisonnable, la charge d’intérêts n’étant pas le principal problème budgétaire.
Les déclarations du FMI jugées contradictoires
Mercedes Vera Martin, cheffe de mission du FMI pour le Sénégal, aurait déclaré à Jeune Afrique que le Fonds pouvait avancer sur le programme sans attendre le règlement définitif du traitement de la dette dans le cadre commun du G20, à condition d’obtenir des « assurances de financement » de la part des créanciers officiels. Elle aurait ajouté que le nouvel accord reposait sur l’engagement du gouvernement à mettre en place un traitement de la dette visant à « restaurer sa soutenabilité ». Sarr estime que ces deux positions s’opposent : si la dette n’est pas soutenable, un programme FMI ne peut se poursuivre sans traitement G20 ; si elle est jugée viable, le recours à ce mécanisme serait superflu.
Appel à une stratégie d’endettement à long terme
Pour Sarr, la solution réside dans la continuité d’une stratégie d’endettement de long terme qu’il affirme avoir mise en œuvre durant les deux dernières années. Il propose que le FMI accompagne le Sénégal en finançant cette approche, tout en présentant la réalité de la dette « telle quelle ». Selon lui, les assurances de financement et les mesures correctives liées au « misreporting » pourraient suffire, à condition que le FMI reconnaisse la viabilité de la dette sans imposer un traitement supplémentaire.