L'ancien ministre Abdoulaye Daouda Diallo a officiellement décliné la convocation de la commission d'enquête parlementaire chargée de faire la lumière sur le programme « Un étudiant, un ordinateur ». Par une lettre adressée au président de ladite commission, il pointe des manquements procéduraux et institutionnels majeurs, remettant en cause la légitimité de la démarche entreprise par les députés.
Exigences de clarté sur les faits reprochés
Au cœur du désaccord figure le manque de précision de la convocation. Abdoulaye Daouda Diallo souligne que l'objet de l'audition, portant sur une « éventuelle autorisation » d'un fonds de garantie datant de 2012-2013, demeure flou. Pour l'ancien ministre, une audition parlementaire exige une identification rigoureuse des faits et la communication préalable des pièces justificatives, afin de permettre à la personne entendue de préparer sa défense et d'apporter des réponses documentées.
La question de la conservation des archives d'État
L'ancien membre du gouvernement conteste également la demande de la commission l'invitant à se présenter muni de documents administratifs. Il rappelle que les actes, notes et correspondances produits durant l'exercice de ses fonctions ministérielles constituent des archives de l'État. En tant qu'ancien ministre, il ne peut être considéré comme le dépositaire personnel de ces documents, qui relèvent de la responsabilité exclusive des administrations compétentes. Il invite ainsi la commission à se rapprocher directement des services de l'État pour obtenir les pièces nécessaires à ses investigations.
Critique des méthodes de communication institutionnelle
Enfin, Abdoulaye Daouda Diallo dénonce la forme utilisée par la commission pour le convoquer. La transmission de la convocation via l'application WhatsApp, assortie d'un calendrier imposé sans concertation préalable, est jugée contraire à la courtoisie institutionnelle attendue. Ce refus de se présenter, motivé par ce qu'il qualifie d'irrégularités de forme, souligne les tensions persistantes entre les anciens responsables publics et les organes de contrôle parlementaire dans le cadre de l'examen de la gestion des deniers publics.