L’ancien ministre Abdou Karim Fofana, qui a dirigé l’Agence de gestion du patrimoine bâti de l’État, a accepté d’être entendu le 12 octobre 2026 par la commission d’enquête parlementaire chargée d’examiner les cessions d’immeubles publics. Il considère cette audition comme un devoir de transparence envers les députés et la nation.
Une convocation reçue à la dernière minute
Fofana a reçu la convocation de la commission le jeudi 8 octobre dans l’après‑midi, avec une proposition d’audition le même jour. Dans son communiqué, il indique avoir immédiatement contacté le président de la commission pour proposer sa disponibilité le jour même ou, à défaut, le vendredi 9 octobre. Le groupe parlementaire a finalement fixé l’audition au lundi 12 octobre, date acceptée d’un commun accord.
Le contexte de l’enquête parlementaire
La commission d’enquête a été mise en place à la suite de plusieurs signalements d’irrégularités dans la vente d’immeubles appartenant à l’État sénégalais. L’AGPBE, agence dont Fofana était directeur général, était responsable de la gestion, de la valorisation et de la cession du patrimoine bâti. Des voix critiques ont dénoncé des procédures opaques, des évaluations contestées et des pertes financières potentielles pour le Trésor public. L’objectif de la commission est donc de vérifier la conformité des décisions prises, d’identifier d’éventuels conflits d’intérêts et de proposer des mesures correctives.
Implications politiques et économiques
Une audition de cet ancien haut fonctionnaire revêt une importance double. Sur le plan politique, elle permet aux députés de contrôler l’action d’un ancien ministre et de répondre aux attentes de la société civile en matière de redevabilité. Sur le plan économique, les conclusions de l’enquête pourraient influencer la manière dont le Sénégal gère ses actifs immobiliers à l’avenir, notamment en renforçant les procédures d’évaluation et en améliorant la transparence des ventes. Une éventuelle mise en cause de pratiques passées pourrait également déclencher des réformes législatives visant à sécuriser le patrimoine public.
Déclarations de Fofana et perspectives
Dans son communiqué, Fofana a affirmé qu’il répondra à « l’ensemble des questions des députés », soulignant que rendre compte de sa gestion n’est pas une contrainte mais une exigence pour toute personne ayant servi l’État. Il n’a pas encore précisé les arguments qu’il présentera, mais il a laissé entendre que les décisions prises à l’époque de son mandat étaient conformes aux cadres légaux en vigueur. La séance du 12 octobre sera suivie de près par les observateurs, les médias et les organisations de la société civile, qui attendent des réponses claires sur la gestion du patrimoine bâti et sur les leçons à tirer pour éviter de futurs dysfonctionnements.