L'ancien ministre Abdou Karim Fofana a exprimé de vives inquiétudes concernant la trajectoire économique et la stabilité financière du Sénégal sous l'administration actuelle. Ses critiques portent tant sur la gestion des relations avec les institutions financières internationales que sur les conséquences sociales potentielles des choix budgétaires récents.
La dégradation de la signature financière du pays
Au cœur des préoccupations soulevées par l'ancien ministre figure la récente dégradation de la note souveraine du Sénégal, abaissée à Ca par l'agence Moody’s. Abdou Karim Fofana lie cette situation à une gestion contestée des engagements financiers de l'État. Il souligne notamment le rejet de la Loi de Finances Rectificative (LFR) 2026, un acte qu'il perçoit comme un signal négatif envoyé aux marchés et aux partenaires techniques et financiers, dans un contexte marqué par une crise de la dette.
Divergences sur les relations avec les bailleurs de fonds
La question des relations avec les institutions de Bretton Woods fait l'objet d'une lecture contrastée. Si le Premier ministre Ousmane Sonko a tenu à nuancer la situation en précisant que la Banque mondiale maintient ses programmes de soutien au pays, Abdou Karim Fofana insiste sur les difficultés rencontrées avec le Fonds monétaire international (FMI). Pour l'ancien ministre, ces tensions diplomatiques et techniques fragilisent durablement la crédibilité économique du Sénégal sur la scène internationale.
Risques sur la dette intérieure et les filets sociaux
Au-delà des indicateurs macroéconomiques, l'ancien responsable gouvernemental alerte sur les répercussions concrètes pour les citoyens. Il anticipe des difficultés majeures dans le règlement de la dette intérieure avant la clôture de l'exercice budgétaire en cours. Par ailleurs, il met en garde contre des retards probables dans le versement des bourses de sécurité familiale, une mesure sociale dont il affirme avoir déjà prédit les vulnérabilités budgétaires. Ces projections soulèvent des questions sur la capacité de l'État à maintenir ses obligations envers les populations les plus fragiles dans un climat de contrainte financière accrue.