À Ziguinchor, la dégradation du pont Émile Badiane cristallise les tensions entre acteurs politiques locaux

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 34 lectures
À Ziguinchor, la dégradation du pont Émile Badiane cristallise les tensions entre acteurs politiques locaux

La récente visite du député Guy Marius Sagna sur le pont Émile Badiane, infrastructure jugée critique pour la mobilité à Ziguinchor, a déclenché une vive controverse politique. Cette intervention, perçue par certains acteurs locaux comme une manœuvre de communication, remet au centre du débat la gestion des infrastructures publiques et la responsabilité des élus face aux besoins urgents des populations.

Une polémique sur l'opportunité politique

Idrissa Benjamin Sané, président du Mouvement citoyen Ziguinchor Rek, a publiquement qualifié la démarche du député de « cinéma politique ». Selon lui, cette visite arrive tardivement alors que la dangerosité de l'ouvrage est signalée par la société civile et les riverains depuis plusieurs années. Il reproche à l'élu de s'être saisi du dossier sans avoir agi concrètement lorsque son camp politique occupait des positions de pouvoir, notamment sous la primature d'Ousmane Sonko.

Au-delà du pont, une crise des infrastructures

Pour Idrissa Benjamin Sané, le pont Émile Badiane n'est qu'un symptôme parmi d'autres des carences structurelles de Ziguinchor. Il dresse un état des lieux préoccupant incluant la dégradation généralisée de la voirie, les défaillances de l'éclairage public, les risques d'inondations et les lacunes en matière d'assainissement. Ces problématiques, couplées à l'insécurité, pèsent lourdement sur le quotidien des habitants et soulèvent des interrogations sur l'efficacité des politiques publiques locales.

Les défis socio-économiques de la jeunesse et des femmes

La critique s'étend également au volet social. Le responsable de Kiiraay pointe du doigt le manque de perspectives pour la jeunesse, illustré par la prédominance du secteur informel des « motos Jakarta », ainsi que les obstacles persistants rencontrés par les femmes pour accéder à des financements. Ces difficultés économiques sont présentées comme le résultat d'une absence de réponses concrètes de la part des responsables politiques en place.

La symbolique de la Grande Mosquée

Le débat a également intégré la question de la Grande Mosquée de Ziguinchor. Idrissa Benjamin Sané souligne que le manque d'attention des autorités envers cet édifice dépasse la simple dimension confessionnelle. Il l'interprète comme un indicateur du manque de considération pour les symboles et les réalités locales, appelant ainsi à une gestion plus rigoureuse et attentive des priorités de la ville.

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