Un drame humain et économique secoue Zamboï, village centrafricain né de l’exploitation minière, où un éboulement a fait au moins 49 morts selon les autorités, mais près de 100 selon les familles. Fermé depuis l’accident, le site illustre les risques de l’orpaillage illégal et l’emprise des groupes armés sur les ressources locales.
De Moscou-RCA à Zamboï : l’héritage trouble de l’exploitation minière
Autrefois contrôlé par des rebelles après les crises de 2013, Zamboï a été rebaptisé Moscou-RCA après sa reprise par les forces russes de Wagner et l’armée centrafricaine. Ce village, aujourd’hui symbole de l’attraction économique, attire des milliers de travailleurs venus de toute l’Afrique, malgré les conditions précaires. L’exploitation minière, souvent illégale, y prospère sous l’œil des groupes armés, qui en tirent des revenus substantiels.
Un bilan humain contesté et des familles en quête de vérité
Le gouvernement centrafricain évoque 49 morts dans l’effondrement du 14 mars, mais les familles des victimes parlent d’une centaine de disparus. Les opérations de sauvetage, suspendues depuis, laissent planer des doutes sur l’exactitude des chiffres officiels. Les proches des victimes réclament une enquête transparente, tandis que les autorités évoquent des mesures de sécurité renforcées pour éviter de nouveaux drames.
L’orpaillage illégal, une économie de survie aux conséquences mortelles
Zamboï incarne les paradoxes de l’économie minière en Centrafrique : un eldorado pour les travailleurs précaires, mais un piège mortel en raison des normes de sécurité inexistantes. Les éboulements, fréquents dans les sites illégaux, reflètent l’absence de régulation et la mainmise des groupes armés sur les ressources. Ce drame interroge sur la viabilité à long terme d’une exploitation minière échappant à tout contrôle étatique.
Que réserve l’avenir pour Zamboï ?
Le chantier reste fermé, mais les travailleurs, souvent sans alternative, pourraient bientôt reprendre leurs activités dans des conditions inchangées. Les autorités promettent des réformes, mais leur mise en œuvre dépendra de la pression internationale et de la capacité de l’État à reprendre le contrôle des sites miniers. Une chose est sûre : Zamboï, symbole d’une économie informelle mortifère, ne peut plus ignorer les vies sacrifiées sur l’autel de l’or.