Les tricycles motorisés, communément appelés « keke », sont devenus le théâtre d'une insécurité croissante dans les agglomérations de Warri et d'Effurun, dans l'État du Delta. Les bâches de protection, initialement destinées à abriter les passagers des intempéries, sont désormais détournées par des réseaux criminels pour dissimuler des agressions, des vols à main armée et des violences sexuelles.
Des stratagèmes sophistiqués pour piéger les usagers
Les malfaiteurs déploient des techniques de manipulation psychologique pour mettre leurs victimes en confiance. Il est fréquent que des complices, notamment des femmes transportant des nourrissons, soient présents à bord pour simuler un environnement familial rassurant. Une fois le véhicule en mouvement, les agresseurs abaissent les bâches latérales pour isoler les passagers du regard extérieur. Dans certains cas, le conducteur sollicite l'aide d'un passager pour ajuster la bâche, créant une diversion permettant à un complice de dérober des effets personnels ou de menacer la victime avec une arme blanche.
Une menace persistante pour les citoyens
Les témoignages recueillis font état de violences physiques graves, allant du vol de fonds destinés à des activités commerciales à des agressions sexuelles. Les criminels privilégient les zones de prise en charge informelles, évitant les stations de transport officielles où les chauffeurs sont identifiés. Cette stratégie rend le suivi des auteurs particulièrement complexe pour les autorités, d'autant que les victimes, sous le choc, peinent souvent à identifier leurs agresseurs une fois débarquées de force ou dépouillées.
Appel à la vigilance et mesures de précaution
Face à cette recrudescence, les forces de l'ordre, par la voix du porte-parole de la police de l'État du Delta, SP Bright Edafe, exhortent les populations à une vigilance accrue. Certains usagers ont déjà adopté des stratégies d'évitement, comme exiger un arrêt immédiat dès qu'un sentiment d'insécurité survient ou privilégier les trajets passant par des zones fréquentées ou des points de contrôle policiers. Si des citoyens ont parfois réussi à appréhender des suspects avec l'aide de riverains, la question de la suite judiciaire de ces interpellations reste un point de préoccupation pour la sécurité publique locale.