Face aux difficultés d'accès au crédit bancaire traditionnel, le député de la circonscription de Walewale, Dr. Tia Mahama Kabiru, a inauguré le fonds « Fako ». Doté d'une enveloppe de 1 million de GH¢, ce dispositif vise à soutenir les petits entrepreneurs locaux, avec une priorité marquée pour les femmes et les veuves, via des prêts sans intérêts.
Un levier financier pour les exclus du système bancaire
Le constat à l'origine de cette initiative est celui d'une exclusion financière persistante : les taux d'intérêt élevés et l'exigence de garanties matérielles (collatéraux) empêchent les petits commerçants de Walewale de se financer auprès des institutions classiques. Le fonds « Fako » se veut une alternative durable, financée par les allocations d'investissement social du député et des contributions volontaires. L'objectif est d'atteindre une capitalisation totale de 1 million de GH¢, avec une première phase ciblant plus de 100 bénéficiaires, avant une montée en charge prévue pour 500 personnes supplémentaires.
Une gestion axée sur la flexibilité et le suivi
Pour garantir la viabilité du projet, un comité dédié supervisera l'ensemble du processus, de l'enregistrement des candidats à la surveillance des fonds. Contrairement aux modèles bancaires rigides, les modalités de remboursement seront indexées sur la trésorerie et la rentabilité réelle des activités financées. Cette approche vise à minimiser les défauts de paiement, le député estimant que le poids des intérêts est le principal facteur d'échec des micro-entreprises. En complément, les bénéficiaires seront orientés vers la Ghana Enterprise Agency pour bénéficier de formations techniques visant à pérenniser leurs activités.
Un contexte politique marqué par l'attente d'une banque nationale
Si l'initiative du député est saluée localement comme une bouffée d'oxygène, elle souligne en creux une frustration persistante au sein de la population féminine de Walewale. Plusieurs femmes ont profité de l'événement pour interpeller le gouvernement sur le retard pris dans la création de la « Banque de développement des femmes », une promesse électorale majeure du président John Dramani Mahama. Pour ces citoyennes, l'absence de cette institution nationale aggrave leur précarité économique, rendant les initiatives locales comme le fonds « Fako » d'autant plus cruciales pour leur survie immédiate et leur autonomisation.