Face à la persistance des violences basées sur le genre (VBG) dans la région du Nakambé, les autorités locales et les organisations de la société civile intensifient leurs efforts de sensibilisation. À Tenkodogo, un ciné-débat a servi de catalyseur pour encourager les populations à briser le silence et à transformer les mentalités face à ce fléau.
Lever les freins socioculturels à la dénonciation
La lutte contre les violences faites aux femmes se heurte encore à des pesanteurs sociales tenaces. Françoise Tougri/Ouédraogo, rédactrice en chef du journal en ligne Queen Mafa, souligne que le tabou, la peur du jugement et la crainte de la stigmatisation empêchent de nombreuses victimes de briser le silence. Qu'il s'agisse de violences physiques, sexuelles ou de maltraitances spécifiques subies par les veuves, ces actes demeurent souvent invisibilisés par une culture du secret. Pour contrer cette dynamique, des juristes et des travailleurs sociaux ont été mobilisés afin d'informer les citoyens sur les voies de recours légales et les dispositifs de prise en charge existants.
L'autonomisation comme levier de protection
Au-delà de la sensibilisation, l'autonomisation économique des femmes est identifiée comme un pilier central de la stratégie de prévention. Fatimata Soulé Daboné, coordinatrice du Centre de vie de Ouargaye, insiste sur la nécessité pour les victimes de ne pas se culpabiliser et de dénoncer les sévices sans délai. En renforçant l'indépendance financière des femmes, les acteurs locaux espèrent réduire leur vulnérabilité face aux agresseurs et leur permettre de s'extraire plus facilement de situations de violence.
Un enjeu de cohésion sociale et de résilience
Pour Noël Kéré, conseiller technique du gouverneur de la région du Nakambé, la lutte contre les VBG est indissociable de la construction d'une société résiliente. Dans un contexte sécuritaire complexe, la participation active des femmes et des jeunes aux initiatives de paix est jugée indispensable. Le gouverneur a d'ailleurs appelé à une mobilisation collective pour combattre l'impunité et les normes sociales néfastes. L'objectif affiché est clair : transformer les mentalités pour garantir un environnement où la protection des droits humains devient une responsabilité partagée par l'ensemble des leaders coutumiers, religieux et citoyens.