La dégradation avancée du tronçon routier reliant le rond-point Valco à la jonction de Kpone, à Tema, est devenue un point de rupture pour l'économie ghanéenne. Face à l'absence de travaux effectifs malgré des promesses gouvernementales répétées depuis 2020, les chauffeurs de camions-citernes menacent de suspendre leurs activités, faisant planer le risque d'une crise majeure dans la distribution de produits pétroliers à travers le pays.
Un corridor industriel sous tension
Cet axe de 7,2 kilomètres est vital pour le tissu industriel ghanéen. Il dessert des infrastructures stratégiques telles que la Volta Aluminium Company (VALCO), le parc de stockage de pétrole de Tema, ainsi que plusieurs centrales thermiques et dépôts logistiques. La détérioration de la chaussée, marquée par des nids-de-poule profonds et des sections impraticables, transforme un trajet de moins de 30 minutes en un calvaire de plus de trois heures. Cette congestion chronique entrave non seulement la logistique des entreprises locales, mais alourdit considérablement les coûts de maintenance des véhicules et la consommation de carburant.
Risques sécuritaires et industriels
Au-delà des pertes économiques, la situation soulève des inquiétudes sécuritaires majeures. Le transport de matières hautement inflammables sur une route dégradée expose les chauffeurs et les populations riveraines à des risques accrus d'accidents, de renversements de citernes ou d'incendies. Le président national du syndicat des chauffeurs de camions-citernes, George Nyaunu, souligne que l'urgence dépasse le simple désagrément routier : il s'agit d'une question de sécurité publique compte tenu de la concentration d'installations sensibles le long de ce corridor.
L'impasse des promesses politiques
La frustration des usagers est alimentée par un historique de chantiers inachevés. Bien que le ministère des Routes et des Autoroutes ait lancé officiellement les travaux de reconstruction en août 2020, suivis de nouvelles assurances en 2023, le constat sur le terrain reste alarmant. À la date du 30 août 2026, aucune activité de construction significative n'est visible. Si les autorités locales ont évoqué des problèmes de financement pour justifier l'arrêt des travaux de nivellement, cette explication ne suffit plus à apaiser les acteurs économiques qui réclament désormais des actions concrètes plutôt que des engagements verbaux.
Vers une paralysie de la distribution nationale
La menace d'une grève des chauffeurs de camions-citernes constitue un point de vigilance critique. Une telle action paralyserait l'approvisionnement en carburant depuis Tema vers des régions clés comme Kumasi, Takoradi ou Buipe. En raison de son rôle central dans le réseau de distribution national, la défaillance de cet axe routier ne peut plus être considérée comme un problème local, mais comme une menace directe sur la stabilité de la chaîne d'approvisionnement énergétique et commerciale du Ghana.