À Techiman, une mobilisation multisectorielle s'organise pour éradiquer le mariage des enfants

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 22 lectures
À Techiman, une mobilisation multisectorielle s'organise pour éradiquer le mariage des enfants

La municipalité de Techiman, dans la région de Bono East au Ghana, a récemment réuni une coalition d'acteurs pour marquer la Journée internationale de la fille. Sous le thème « Mettre fin au mariage des enfants et investir dans les droits des filles », cette mobilisation vise à transformer les engagements institutionnels en actions concrètes contre une pratique qui entrave le développement des jeunes Ghanéennes.

Une réponse judiciaire ferme face aux abus

Lors de cet événement, la juge présidente du tribunal de circuit de Techiman, Sandra Xorlali Lavison, a rappelé la portée pénale du mariage des enfants. S'appuyant sur les sections 14 et 15 de la Loi sur l'enfant (Children’s Act), elle a souligné que le fait de donner une mineure en mariage constitue un délit grave, passible de peines d'emprisonnement ou d'amendes. Ce rappel juridique vise à dissuader les parents et les tuteurs, tout en affirmant que la loi protège prioritairement l'intégrité des mineures.

Le rôle critique des autorités traditionnelles et politiques

La lutte contre ce phénomène s'appuie également sur une remise en question des pratiques parentales. Nana Ama Asantewaa Munufie II, cheffe traditionnelle du Conseil de Techiman, a dénoncé l'irresponsabilité de certains parents qui marient des filles âgées de 12 à 14 ans. De son côté, le député de Techiman Sud, Martin Adjei Mensah Korsah, a exhorté les jeunes filles à privilégier leur parcours scolaire, insistant sur le fait que l'éducation est le seul levier viable pour leur émancipation et leur avenir professionnel.

Vers une stratégie de protection renforcée

Coordonnée par Ellen White Opoku, lauréate du prix Joy Impact Makers 2024, cette initiative bénéficie du soutien du Service de l'éducation du Ghana (GES) et d'ActionAid Ghana. Les organisations de la société civile, représentées par Kwame Afram Denkyira, réclament désormais des mesures plus robustes pour contrer non seulement les mariages précoces, mais aussi les abus liés au milieu scolaire. L'enjeu pour la municipalité de Techiman est clair : garantir que chaque fille puisse rester sur les bancs de l'école, en faisant de la protection de leurs droits une responsabilité collective partagée entre les familles, les chefs coutumiers et les institutions de l'État.

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