Le basculement politique de Mamadou Kassé, ancien responsable de l'Alliance pour la République (APR) à Tambacounda, suscite une vive contestation locale. Des militants réclament désormais la restitution de son mandat au sein du Conseil départemental, estimant que cette fonction appartient à la formation politique sous laquelle il a été élu.
Une rupture politique au cœur des tensions
Le 19 septembre 2026, des groupes de jeunes et de femmes, soutenus par la coalition Takku Wallu Sénégal, ont manifesté leur intention de se rendre au siège du Conseil départemental. Leur objectif est clair : obtenir le départ de Mamadou Kassé de ses fonctions électives. Cette fronde fait suite à l'annonce, début septembre, de son départ définitif de l'APR, le parti fondé par l'ancien président Macky Sall, pour rejoindre Kiiraay, la formation politique du chef de l'État actuel, Bassirou Diomaye Faye.
La question de la légitimité du mandat
Pour les contestataires, le mandat détenu par Mamadou Kassé est indissociable de son appartenance passée à l'APR. En changeant de camp, l'élu aurait, selon ses anciens partisans, rompu le contrat de confiance établi avec les électeurs ayant voté pour la liste du parti. Cette situation pose l'enjeu récurrent de la transhumance politique au Sénégal et de la propriété des mandats électifs, souvent au centre des débats lors des recompositions de majorité.
Un contexte de remobilisation électorale
Cette crise locale intervient dans un climat de préparation intense pour les échéances électorales de 2027. La visite d'Abdou Mbow à Tambacounda, destinée à remobiliser les troupes de l'APR, a servi de catalyseur à cette mobilisation. Alors que les partis cherchent à consolider leurs bases, le départ de figures locales vers la mouvance présidentielle fragilise les structures d'opposition et intensifie la lutte pour le contrôle des institutions territoriales. La suite des événements dépendra de la capacité des instances dirigeantes du Conseil départemental à répondre à cette pression populaire et juridique.