Le kilogramme de viande de bœuf atteint désormais 6 000 francs CFA à Sédhiou, un record qui illustre les tensions entre une demande croissante et une offre locale défaillante. Cette hausse, qui place la viande hors de portée pour de nombreux ménages, s’explique par des lacunes structurelles dans la filière bovine, aggravées par des pratiques d’élevage peu optimisées et une dépendance accrue aux importations.
Une filière bovine sous-exploitée malgré des atouts naturels
Sédhiou, région pourtant dotée de conditions climatiques favorables à l’élevage, peine à développer une filière bovine dynamique. Selon Tamsir Mamadou Dramé, chef du service départemental de l’Élevage, les acteurs locaux privilégient massivement les petits ruminants, dont les coûts de production restent élevés. Cette orientation réduit mécaniquement l’offre en bovins, limitant ainsi la disponibilité de la viande fraîche sur les marchés.
Vol de bétail et divagation : des freins structurels à la production
Les pertes liées au vol de bétail et à la divagation des animaux aggravent la situation. L’absence de systèmes de surveillance efficaces empêche la reconstitution rapide du cheptel, tandis que les éleveurs subissent des pertes financières récurrentes. Ces défis, combinés à une demande soutenue, maintiennent les prix à des niveaux prohibitifs pour les consommateurs.
Une dépendance coûteuse aux importations
Face à une production locale insuffisante, Sédhiou dépend largement des approvisionnements extérieurs pour répondre aux besoins des ménages. Cette dépendance alimente une spirale inflationniste, où les coûts logistiques et les marges des intermédiaires s’ajoutent au prix de base. Résultat : la viande de bœuf, autrefois accessible, devient un luxe pour une partie croissante de la population.
Investir dans la filière bovine : une solution à portée de main ?
Pour inverser la tendance, Tamsir Mamadou Dramé plaide en faveur d’investissements ciblés dans l’élevage bovin, qu’il qualifie de secteur stratégique. Renforcer les capacités locales, améliorer la surveillance des troupeaux et promouvoir des pratiques pastorales durables pourraient, à terme, réduire la dépendance aux importations et stabiliser les prix. Une priorité pour une région où l’accès à une alimentation protéinée reste un enjeu de sécurité alimentaire.