Face aux défis récurrents d'accès à l'électricité dans la ville de Sarh, dans la province du Moyen-Chari, de jeunes entrepreneurs s'organisent pour proposer des alternatives concrètes. Alladoum Adelin, ingénieur formé entre le Tchad et le Togo, a fait du solaire le pivot de son activité pour soutenir les ménages et les petits acteurs économiques locaux.
Une expertise technique au service de l'autonomie énergétique
Diplômé en génie électrique et titulaire d'un Master 2 obtenu au Centre d'excellence régional pour la maîtrise de l'électricité à Lomé, Alladoum Adelin a structuré son entreprise autour de l'expertise, du conseil et de l'installation de systèmes solaires. Son parcours, enrichi par des observations techniques menées dans plusieurs pays africains comme le Burkina Faso, le Ghana et le Nigéria, lui permet d'adapter des solutions aux besoins spécifiques de sa région. Pour lui, le solaire dépasse la simple fonction d'éclairage : il représente un levier indispensable pour garantir la continuité des activités professionnelles, souvent entravées par les coupures de courant et les limitations du réseau conventionnel.
Le solaire comme moteur de résilience économique
L'entrepreneur souligne l'impact direct des défaillances électriques sur la productivité des petits entrepreneurs locaux. L'usage d'équipements informatiques ou bureautiques est rendu précaire par l'instabilité du réseau, entraînant des pertes de temps et de revenus. En favorisant l'autonomie énergétique, Alladoum Adelin ambitionne non seulement de stabiliser les activités existantes, mais aussi de transformer le secteur solaire en un vivier d'emplois pour la jeunesse du Moyen-Chari, tout en réduisant la dépendance aux énergies polluantes.
Changement de paradigme pour la jeunesse tchadienne
Au-delà de son engagement technique, Alladoum Adelin porte un regard critique sur les attentes de la jeunesse vis-à-vis de l'État. Il prône une rupture avec l'attentisme, encourageant ses pairs à s'orienter vers la formation professionnelle et l'entrepreneuriat, même à petite échelle. Selon lui, la réussite collective passe par une prise de responsabilité individuelle et une meilleure articulation entre le cursus scolaire et les réalités du terrain. Il appelle également les familles à jouer un rôle actif dans l'orientation des enfants, en valorisant l'apprentissage des métiers dès le plus jeune âge pour favoriser une autonomie durable.