La Direction régionale de l’Agriculture de San a lancé un appel à la mobilisation pour le maraîchage, anticipant les conséquences d’un hivernage marqué par une pluviométrie insuffisante. Cette stratégie de contre-saison vise à sécuriser les revenus des producteurs et à stabiliser l'approvisionnement alimentaire local, tout en posant un défi majeur : produire davantage avec des réserves hydriques fragilisées.
Une gestion raisonnée de l'eau
La réussite de cette campagne repose sur une utilisation optimale des ressources disponibles. Face à la baisse des niveaux dans les puits et les mares, les autorités préconisent des techniques de conservation comme le paillage pour limiter l’évaporation, ainsi qu’une irrigation raisonnée. L’enjeu est de taille : éviter l’épuisement prématuré des forages. Avant tout déploiement de matériel, une cartographie précise des sites est jugée indispensable pour évaluer le débit disponible et le nombre d’exploitants par point d’eau, garantissant ainsi la pérennité des infrastructures.
Soutien aux producteurs et inclusion sociale
Le financement des intrants et du petit matériel représente un obstacle financier pour de nombreux ménages ayant déjà investi dans la campagne pluviale. L’intervention des programmes de développement est sollicitée, avec une exigence de transparence dans la distribution des kits d’irrigation. Une attention particulière est portée aux femmes et aux jeunes, souvent confrontés à un accès plus précaire à la terre et au crédit. L’organisation en coopératives est présentée comme un levier pour mutualiser les coûts, partager les équipements et renforcer le pouvoir de négociation des agriculteurs.
La régulation des marchés et des prix
Au-delà de la production, la viabilité économique de la contre-saison dépend de la capacité à écouler les récoltes. L’abondance soudaine de produits périssables, tels que les tomates ou les oignons, risque de provoquer une chute brutale des prix. Pour pallier ce risque, les services agricoles recommandent un échelonnement des semis et une meilleure circulation de l’information sur les marchés. L’accès à des unités de stockage et de transformation, ainsi qu’à des circuits de distribution vers les centres urbains, apparaît comme une condition nécessaire pour éviter que les pertes post-récolte ne viennent annuler les efforts des producteurs.
Un pilotage basé sur des indicateurs précis
L’appel à la mobilisation doit désormais se traduire par un plan opérationnel rigoureux. Le succès de cette campagne ne sera pas uniquement mesuré par les superficies cultivées, mais par les volumes récoltés, la stabilité des prix et la gestion durable de l’eau. Si le maraîchage offre une protection contre les aléas climatiques, il ne saurait compenser intégralement les pertes céréalières. La vigilance reste donc de mise pour que cette alternative économique ne devienne pas une source de tension supplémentaire autour de l’accès aux ressources naturelles.