Un projet d'aménagement d'un terrain de football payant sur le littoral de Saly, entre la mer et la lagune, suscite une vive opposition de la part des riverains. Ces derniers dénoncent une décision unilatérale de la Société d'aménagement et de promotion des côtes et zones touristiques du Sénégal (SAPCO) et s'inquiètent des répercussions environnementales et sécuritaires de cette infrastructure commerciale.
Risques pour l'écosystème lagunaire
Le cœur de la contestation repose sur l'emplacement choisi pour les travaux. Des riverains ont constaté le déversement de latérite rouge sur une zone charnière où l'eau de mer communique avec la lagune lors des fortes marées. Les habitants craignent que ce remblaiement ne perturbe gravement la circulation naturelle des eaux et ne fragilise un écosystème dont la préservation a nécessité des investissements conséquents. Malgré une proposition technique visant à déplacer le projet de deux mètres, les résidents maintiennent leur opposition, jugeant que le site lui-même est inadapté à une telle activité.
Sécurité et quiétude des résidences
Au-delà de l'impact écologique, les copropriétaires des résidences voisines, telles que Marina et les Baobabs, pointent du doigt une menace directe sur leur cadre de vie. L'installation d'un terrain de sport payant implique une fréquentation accrue, des flux de véhicules et une présence constante de spectateurs, autant d'éléments qu'ils jugent incompatibles avec la tranquillité recherchée. Dans un contexte local marqué par des préoccupations liées à la sécurité, les riverains craignent que cette activité commerciale ne fragilise les dispositifs de surveillance qu'ils financent eux-mêmes pour protéger leurs habitations.
Déficit de concertation avec la SAPCO
Les habitants déplorent l'absence totale de dialogue préalable avec la SAPCO, l'organisme public chargé de la valorisation touristique de la Petite-Côte. Ils dénoncent une méthode de gestion où les projets sont découverts une fois les travaux entamés, citant d'autres précédents d'interventions non concertées. Tout en affirmant ne pas être opposés au développement économique ou à la pratique sportive, ils exigent une révision de la stratégie d'aménagement. Les riverains attendent désormais des explications claires sur le maintien ou l'abandon du projet et sur la remise en état du site, menaçant de saisir les autorités administratives compétentes si leurs revendications ne sont pas entendues.