La prise en charge des accidents vasculaires cérébraux (AVC) dans la région de Saint-Louis se heurte à une réalité structurelle préoccupante : l'insuffisance criante de spécialistes en neurologie. Cette carence, qui contraint certains patients à des ruptures de suivi médical s'étalant sur plusieurs années, met en péril la gestion des pathologies chroniques et la prévention des risques cardiovasculaires.
Une saturation des services spécialisés
Lors d'une journée de consultations gratuites organisée au centre de santé Ousmane Ngom, le constat dressé par le corps médical est sans appel. Le docteur Mame Maimouna Diaw Santos, unique neurologue exerçant à l'hôpital régional depuis juin 2021, souligne l'ampleur de la tâche : les AVC représentent environ 40 % de son activité clinique. L'affluence observée lors de cette mobilisation a révélé des situations critiques, avec des patients âgés n'ayant pas bénéficié d'un examen neurologique depuis près de huit ans, illustrant les difficultés d'accès aux soins spécialisés dans la zone.
L'urgence du renforcement des effectifs
La neurologue alerte sur l'impossibilité pour un seul praticien de couvrir les besoins de l'ensemble de la population régionale. Ce déficit de personnel spécialisé constitue un obstacle majeur à la continuité des soins, indispensable pour les victimes d'AVC. Au-delà de la prise en charge curative, les experts insistent sur la nécessité d'une stratégie de prévention renforcée. L'hypertension artérielle, le diabète et la sédentarité sont identifiés comme les principaux facteurs de risque, nécessitant un suivi régulier que le système actuel peine à garantir.
Vers une sensibilisation communautaire pérenne
Face à ces limites, les acteurs de terrain, notamment les comités de soutien aux familles et les relais communautaires comme les Badianou Gokh, appellent à dépasser le cadre des journées de dépistage ponctuelles. L'enjeu est de structurer un accompagnement durable pour les patients souffrant de séquelles, telles que la perte d'autonomie ou les troubles cognitifs. La mobilisation locale souligne qu'une lutte efficace contre les AVC exige non seulement un investissement dans les ressources humaines médicales, mais aussi une politique de sensibilisation constante pour réduire l'incidence des facteurs de risque au sein de la population.