À Rafah, les images satellites révèlent l'ampleur des destructions et l'installation d'une zone tampon

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 10 lectures
À Rafah, les images satellites révèlent l'ampleur des destructions et l'installation d'une zone tampon

La mise à jour des données satellites de Google Earth sur la ville de Rafah, au sud de la bande de Gaza, révèle une transformation radicale du paysage urbain. Les clichés pris en février 2026 témoignent de la disparition quasi totale des infrastructures résidentielles et agricoles, confirmant la mise en place d'une zone tampon sous contrôle militaire israélien.

Une transformation radicale du paysage urbain

Le contraste entre les images de juin 2024 et celles de février 2026 est saisissant. Des quartiers entiers, à l'instar de l'ancien camp de réfugiés de Tel al-Sultan, ont été rasés, laissant place à des étendues de gravats et de poussière. Les spécialistes en imagerie satellitaire, tels que Jamon Van den Hoek et Corey Scher, soulignent que la destruction est devenue quasi totale sur de vastes portions de la ville. Seuls quelques bâtiments publics, désormais utilisés par les forces militaires pour le stationnement de véhicules ou l'installation de tentes, subsistent au milieu des décombres.

La stratégie de la zone tampon

L'accélération des démolitions, particulièrement marquée après mars 2025, s'inscrit dans une politique de sécurité revendiquée par les autorités israéliennes. Le ministre de la Défense, Israël Katz, a confirmé en avril 2025 la volonté de maintenir des zones de sécurité pour isoler la population gazaouie des frontières. Cette stratégie, entérinée par le plan de paix d'octobre 2025, a conduit à l'évacuation forcée de la population vers des zones restreintes comme al-Mawasi, transformant Rafah en une ville fantôme sous contrôle militaire strict.

Des infrastructures agricoles dévastées

Au-delà du tissu urbain, l'appareil productif de la région a été largement anéanti. Les serres et terres cultivées qui constituaient le socle de l'activité agricole locale ont été détruites, privant l'enclave de ses capacités de subsistance. Cette dévastation, documentée par divers chercheurs, s'ajoute à l'encerclement de la population, désormais confinée sur environ 30 % du territoire initial de la bande de Gaza.

Les limites de l'imagerie publique

Bien que ces nouvelles images offrent une visibilité inédite au grand public, elles restent partielles et décalées dans le temps. D'autres sources, notamment des clichés brièvement accessibles via des organismes de cartographie israéliens, révèlent l'existence de bases militaires fortifiées dans le nord de l'enclave, non visibles sur les plateformes grand public. Ces données confirment, selon les analystes, une occupation de long terme et une emprise militaire qui s'étend sur près de 70 % de la bande de Gaza, exacerbant la crise humanitaire dans les zones où les civils sont désormais regroupés.

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