À Ouagadougou, le plafonnement du prix de l'œuf à 100 FCFA fragilise la chaîne de distribution

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 96 lectures
À Ouagadougou, le plafonnement du prix de l'œuf à 100 FCFA fragilise la chaîne de distribution

La décision gouvernementale du 7 juillet 2026, imposant un prix de vente unitaire de 100 francs CFA pour l'œuf, se heurte à la réalité économique des détaillants à Ouagadougou. Entre marges inexistantes et risques de pertes financières, de nombreux commerçants choisissent de retirer le produit de leurs étals, créant une raréfaction de l'offre dans plusieurs quartiers.

Une équation économique devenue impossible

Pour les détaillants, le prix plafond imposé ne couvre pas les coûts opérationnels. Avec des plaquettes de 30 œufs achetées entre 3 000 et 3 300 francs CFA, le coût de revient unitaire atteint déjà le prix de vente fixé, sans inclure les frais de transport, la manutention ou les pertes liées à la casse. Dans ce contexte, la vente à 100 francs CFA par unité se traduit mécaniquement par une perte nette pour le commerçant, rendant l'activité économiquement non viable.

Désengagement et adaptation des commerçants

Face à cette impasse, plusieurs acteurs du secteur ont cessé la commercialisation des œufs pour éviter tout conflit avec les clients ou les autorités de contrôle. Certains détaillants, comme Odile Nikièma, ont préféré arrêter purement et simplement la vente. D'autres, à l'instar de Djamila Kaboré, ont réorienté leur activité en réservant leur stock à la préparation d'omelettes, une stratégie qui leur permet de valoriser le produit différemment tout en contournant la contrainte du prix de vente à l'unité.

Tensions sur l'approvisionnement et les marges

Au-delà du prix de vente final, les commerçants pointent du doigt la difficulté croissante à s'approvisionner à des tarifs permettant une marge bénéficiaire. Les grossistes et détaillants font face à une hausse des coûts logistiques qui comprime davantage leurs revenus. Cette situation soulève un enjeu majeur pour les autorités : la viabilité d'une politique de prix plafonds lorsqu'elle ne prend pas en compte l'intégralité de la chaîne de valeur, du producteur au détaillant final. La raréfaction du produit sur le marché local illustre les limites de cette régulation dans un contexte de coûts d'achat élevés.

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