Face à l'inaction prolongée des pouvoirs publics, les femmes commerçantes de Niandane, dans le département de Podor, ont pris l'initiative de financer elles-mêmes des travaux de réhabilitation sur la piste reliant Boubé à Guia. Ce tronçon de 22 kilomètres, vital pour l'économie locale, demeure dans un état de dégradation avancée depuis quatre décennies, entravant durablement les activités agricoles et commerciales de la zone.
Un frein majeur pour l'économie locale
La localité de Niandane joue un rôle pivot dans le tissu économique du département grâce à ses productions maraîchères et agricoles. Cependant, l'absence de bitumage transforme cette piste latéritique en un obstacle infranchissable, particulièrement durant la saison des pluies. Les coûts de transport, artificiellement gonflés par l'état impraticable de la chaussée, pèsent lourdement sur les marges des commerçantes et les revenus des producteurs. Ces derniers peinent régulièrement à acheminer leurs récoltes vers les marchés, entraînant des pertes financières directes pour les exploitants agricoles.
Une mobilisation citoyenne par défaut
En l'absence de travaux structurels, un collectif de femmes a décidé de pallier les carences de l'État en mobilisant des ressources financières et matérielles personnelles. Ces fonds servent à l'achat de sable et à des interventions sommaires pour maintenir une accessibilité minimale sur certains passages critiques. Si cette initiative témoigne d'une résilience locale forte, elle reste une solution de fortune coûteuse pour ces commerçantes, dont les revenus dépendent étroitement de la fluidité des échanges.
Risques sécuritaires et urgence d'aménagement
Au-delà de l'enjeu économique, la dégradation de la piste pose un problème de sécurité publique majeur. Les usagers rapportent des incidents fréquents, incluant des renversements de véhicules de transport en commun, mettant en péril la vie des populations. Les habitants, qui attendent une intervention étatique depuis plus de 40 ans, placent désormais leurs espoirs dans le Plan stratégique de désenclavement (PSD). Ils appellent les autorités nationales à intégrer ce tronçon de 22 kilomètres dans les priorités d'investissement, soulignant que la pérennité de l'activité agricole dans le département de Podor est directement liée à la modernisation de ce réseau routier.