À l’occasion de la Journée internationale de la fille, l’archidiocèse de N’Djamena a placé la question du mariage précoce au cœur de ses préoccupations. Lors d’une messe organisée à la paroisse Saint-Paul de Kabalaye, les autorités religieuses et les mouvements de jeunesse ont appelé à une prise de conscience collective sur les droits fondamentaux des jeunes filles tchadiennes.
Un plaidoyer pour l’égalité et l’éducation
Lors de son homélie, l’abbé Séverin Ndingatoloum a fermement dénoncé les pratiques qui entravent l’épanouissement des jeunes filles. En rappelant que la dignité de la fille est égale à celle du garçon, le célébrant a interpellé directement les parents sur les disparités persistantes dans l’accès à l’instruction. Il a souligné que le maintien des filles au foyer, au détriment de leur scolarisation, constitue un frein majeur à leur développement et à la reconnaissance de leur pleine valeur au sein de la société.
L’engagement des Guides catholiques
La commémoration a également été l’occasion pour les Filles Guides de l’archidiocèse de réaffirmer leur mission. Kemneloum Mélanie, commissaire diocésaine, a insisté sur la nécessité de protéger les droits des jeunes filles, qu’elle a qualifiées de porteuses de talents et d’espérance. Cet engagement s’inscrit dans le cadre de la semaine de communion et de prière de la Conférence internationale du guide catholique, visant à transformer les mentalités pour bâtir un environnement où chaque enfant est encouragé à réaliser son potentiel.
La lutte contre les mariages précoces comme enjeu social
Le thème central de cette journée, « Mettre fin au mariage des enfants et investir dans les droits des jeunes filles », souligne l’urgence de la situation. Au-delà de la dimension spirituelle, cet appel constitue une interpellation sur les pratiques sociales qui privent les mineures de leur enfance et de leur avenir. En invitant les jeunes filles à la résilience et à la persévérance, les intervenants ont cherché à renforcer leur autonomie face aux pressions socioculturelles, tout en exhortant la communauté à agir concrètement pour garantir le respect de leur intégrité et de leur droit à l’éducation.